La province de la Tandjilé, au Tchad, engage une nouvelle phase de mobilisation pour stopper la transmission du ver de Guinée. Malgré les dispositifs déployés, la persistance de foyers infectieux chez les animaux impose une coordination accrue entre les autorités administratives, les leaders communautaires et les partenaires techniques.
Une surveillance sanitaire sous tension
En 2025, la Tandjilé s'est distinguée comme l'une des provinces les plus affectées par cette parasitose au Tchad. En dépit des interventions menées, l'année 2026 enregistre encore des cas d'infections animales, particulièrement dans les districts sanitaires de Laï, Béré, Kolon et Kélo. Le Dr Nene Ehmir Torna, délégué général du gouvernement, a souligné l'urgence de renforcer la vigilance sur le terrain pour briser la chaîne de transmission, insistant sur une application plus rigoureuse des protocoles de prévention existants.
Les défis de la gestion animale
La lutte contre le ver de Guinée se heurte à des obstacles structurels liés aux pratiques locales. Le Dr Tchingdebeu Wakou, coordonnateur national du programme dédié, a notamment préconisé une limitation stricte du nombre de chiens par foyer. La prolifération des animaux errants, les mouvements transfrontaliers de bétail et le non-respect des mesures d'attachement prolongé des chiens et chats compliquent la maîtrise de la maladie. À cela s'ajoute la nécessité d'une gestion plus rigoureuse des déchets issus de la pêche, vecteurs potentiels de contamination.
Une responsabilité partagée
L'éradication du ver de Guinée ne peut reposer exclusivement sur les services de santé. Les autorités appellent désormais à une mobilisation multisectorielle impliquant les forces de défense et de sécurité, les chefs traditionnels et religieux, ainsi que les collectivités territoriales. Cette approche collective vise à transformer les engagements politiques en actions concrètes au sein des communautés. Le soutien technique et financier du Centre Carter demeure, dans ce cadre, un levier essentiel pour accompagner les efforts de l'État tchadien dans cette zone prioritaire.