La province de Sefrou s'affirme comme l'un des épicentres politiques les plus scrutés du Maroc à l'approche des élections législatives du 23 septembre. Avec trois sièges à pourvoir, cette circonscription de la région Fès-Meknès cristallise les ambitions des partis traditionnels et de nouvelles figures locales, promettant une compétition électorale particulièrement serrée.
Une dynamique électorale en constante mutation
L'histoire électorale récente de Sefrou témoigne d'une instabilité chronique des rapports de force. En 2021, le Rassemblement national des indépendants (RNI) avait dominé le scrutin avec 21 648 voix, suivi de près par le Parti authenticité et modernité (PAM) et l'Union socialiste des forces populaires (USFP). Ce résultat marquait une rupture avec la configuration de 2016, où le Mouvement populaire, l'USFP et le Parti de la justice et du développement (PJD) s'étaient partagé les sièges. Cette volatilité, couplée à une hausse de la participation électorale passée de 43,66 % à 50 % entre les deux derniers scrutins, souligne l'intérêt croissant des électeurs pour ces enjeux locaux.
Stratégies partisanes entre continuité et renouvellement
Pour l'échéance de 2026, les formations politiques ont adopté des tactiques divergentes. Le PAM et l'USFP ont fait le choix de la stabilité en reconduisant respectivement Driss Chebchali et Driss Chtibi, des figures déjà bien implantées. À l'inverse, le RNI a investi Youssef Mandour, tandis que le Mouvement populaire mise sur Mohamed Bousta, président de la commune de Rabat El Kheir. Le Parti de l'Istiqlal, le PJD, le PPS et le FFD complètent un échiquier politique où chaque voix comptera pour espérer décrocher l'un des trois sièges disponibles à la Chambre des représentants.
L'entrée en lice remarquée de Mustapha Lakhsem
L'un des éléments les plus observés de cette campagne est la candidature de Mustapha Lakhsem. L'ancien champion du monde d'arts martiaux, actuel président de la commune d'Imouzzer-Kandar, se présente sous la bannière du Mouvement démocratique et social (MDS). Son passage du Mouvement populaire vers cette nouvelle formation, associé à son ancrage territorial, introduit une variable imprévisible dans une équation électorale déjà complexe. La capacité de ces différents candidats à mobiliser leur base électorale sera déterminante pour redistribuer les cartes dans une province où l'écart entre les prétendants reste historiquement ténu.