L'opération spéciale d'enrôlement pour la Carte d'Identité Biométrique de la Confédération des États du Sahel (CIB-AES) a pris fin le 4 septembre 2026 à Léo, dans la province de la Sissili. Cette mission de proximité, orchestrée par l'Office national d'identification (ONI), a été marquée par une mobilisation exceptionnelle des autorités locales et des populations, témoignant d'un engagement fort envers l'intégration régionale.
Un dispositif opérationnel efficace
Durant quatre jours, les équipes de l'ONI ont déployé un dispositif technique permettant d'atteindre un rythme soutenu de plus de 200 enregistrements quotidiens, pour un total dépassant les 800 enrôlements dans la commune. Le Lieutenant de police Oumarou Savadogo, chef d'antenne de l'ONI de Nando, a souligné la fluidité du processus. Cette réforme introduit des changements notables, notamment l'ouverture de l'enrôlement dès l'âge de 5 ans et son caractère obligatoire à partir de 13 ans. Les autorités précisent qu'une période transitoire est en vigueur jusqu'en 2031, permettant aux citoyens de conserver leur ancienne carte nationale d'identité burkinabè (CNIB) en attendant le renouvellement vers le format AES.
Une synergie entre autorités et communautés
La réussite de cette opération repose sur un portage communautaire inédit. Sa Majesté Lio-Pio Dan-Zwè, Chef de Canton de Léo, a activement encouragé les chefs de village à sensibiliser leurs administrés, qualifiant l'enrôlement d'acte d'affirmation de la souveraineté citoyenne. Cette dynamique a été relayée par les leaders religieux, à l'instar de l'Imam Yago, qui a salué l'engouement des fidèles. Cette convergence d'intérêts entre les structures étatiques, les garants de la tradition et les autorités spirituelles a permis de garantir une large participation des habitants de la Sissili.
L'enjeu de l'intégration régionale
Au-delà de la simple formalité administrative, les citoyens perçoivent cette nouvelle pièce d'identité comme un symbole concret de la consolidation de l'espace AES. Pour de nombreux résidents, comme Alassane Guiendé, la CIB-AES incarne la promesse d'une libre circulation et d'une unité renforcée entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. En facilitant l'accès aux services d'état civil, cette initiative s'inscrit dans une volonté politique de rapprocher les institutions des populations tout en matérialisant l'appartenance à une entité confédérale commune.