À un mois de la COP17 en Arménie, un rapport publié par les organisations Campaign for Nature et Together for the Ocean dresse un constat alarmant : les engagements pris lors de l'accord de Kunming-Montréal en 2022 ne sont pas respectés. L'objectif ambitieux de protéger 30 % des terres et des océans d'ici 2030, pilier de la stratégie mondiale pour la biodiversité, semble hors de portée sans une accélération immédiate des politiques publiques.
Un fossé entre les ambitions terrestres et maritimes
Si la protection des espaces terrestres et des eaux intérieures progresse, atteignant actuellement 20 % avec une projection à 27 % d'ici 2030, la situation des océans est nettement plus préoccupante. Actuellement, seulement 10 % des zones maritimes bénéficient d'un statut protégé. Les projections actuelles suggèrent que ce chiffre ne grimpera qu'à 12 % à l'échéance de la décennie, loin de la cible fixée. Ce retard, déjà souligné par la Convention sur la diversité biologique des Nations unies, souligne l'urgence de mesures correctives lors du prochain sommet d'Erevan.
Le défi colossal du financement de la conservation
Le principal frein à la mise en œuvre de ces objectifs demeure le déficit de financement. Pour atteindre les cibles de 2030, des investissements annuels compris entre 100 et 180 milliards de dollars sont nécessaires, alors que les dépenses mondiales plafonnent actuellement à 24 milliards de dollars. Le secteur maritime est particulièrement sous-doté : alors que 16 milliards de dollars sont requis chaque année pour sa préservation, seuls 1,8 milliard de dollars sont effectivement alloués.
Vers une implication accrue du secteur privé
Pour combler ce manque, les experts préconisent une double stratégie : une augmentation des budgets nationaux et une mobilisation accrue du secteur privé. Brian O’Donnell, directeur de Campaign for Nature, suggère notamment que les États légifèrent pour contraindre les industries à fort impact environnemental, telles que les mines et les énergies fossiles, à contribuer financièrement à la conservation. Malgré ces obstacles, des pays comme l'Afrique du Sud, la France, l'Australie, le Costa Rica et Oman sont cités comme des exemples ayant réussi à étendre leurs zones protégées, prouvant que l'objectif « 30x30 » reste techniquement réalisable, bien que complexe à mettre en œuvre.