Au lendemain de leur victoire à la CAN féminine Maroc 2026, les Lionnes Indomptables se retrouvent au cœur d'une controverse liée à une potentielle récompense immobilière promise par le chef de l'État. Si l'accueil officiel au Palais de l'Unité a célébré la performance sportive, l'absence de communication formelle sur ces dons suscite des interrogations sur la matérialité des engagements présidentiels.
Une annonce officieuse au cœur des célébrations
Lors de la réception des championnes d'Afrique le 22 août dernier, le discours officiel du président Paul Biya s'est concentré sur la discipline des joueuses et leur qualification pour le Mondial Brésil 2027. Si les primes réglementaires, estimées à une cinquantaine de millions de FCFA par joueuse, ont bien été versées, aucune mention publique de logements n'a été faite à la tribune. C'est lors de la séance photo que le Ministre Directeur du Cabinet Civil, Samuel Mvondo Ayolo, aurait évoqué une « importante récompense », déclenchant l'enthousiasme des sportives sans pour autant clarifier les modalités de cet éventuel avantage en nature.
Le spectre des promesses de 1990
Cette situation réveille une mémoire collective douloureuse au Cameroun. En 1990, après l'épopée des Lions Indomptables en Italie, le chef de l'État avait promis des villas aux joueurs. La concrétisation de cet engagement a pris plus de trois décennies, s'achevant seulement en 2021, alors que certains bénéficiaires étaient déjà décédés. Ce précédent historique pèse lourdement sur l'actualité des Lionnes, transformant une annonce de récompense en un sujet de vigilance citoyenne sur la célérité de l'administration.
Le silence prudent des actrices
Face aux sollicitations, les joueuses adoptent une posture de réserve. Geneviève Ngo Mbeleck, interrogée sur le sujet, a qualifié l'information de confidentielle, tandis que ses coéquipières évitent tout démenti formel. Ce silence, couplé à l'absence de confirmation officielle, laisse planer un doute sur la nature réelle de la promesse. Pour l'opinion publique camerounaise, l'enjeu dépasse la simple gratification individuelle : il s'agit de savoir si les autorités sauront honorer leurs engagements envers les athlètes de haut niveau dans des délais raisonnables, évitant ainsi de reproduire les lenteurs administratives qui ont marqué l'histoire du sport national.