Le président américain Donald Trump a promis le versement d'un dividende de 5 000 dollars à chaque citoyen adulte des États-Unis, conditionné au maintien d'une majorité républicaine dans les deux chambres du Congrès lors des prochaines élections de mi-mandat. Cette annonce, formulée lors d'une convention à Dallas, intervient dans un contexte économique marqué par une inflation persistante, des prix de l'énergie en hausse et une dette nationale atteignant des sommets historiques.
Un coût budgétaire colossal
Le projet, baptisé « dividende Trump », concernerait environ 270 millions d'adultes, représentant un coût théorique de 1 300 milliards de dollars, sans compter les frais administratifs de mise en œuvre. Pour financer cette mesure, le vice-président JD Vance a évoqué les revenus issus des droits de douane. Toutefois, les projections du Tax Policy Center estiment que ces tarifs rapporteront environ 1 700 milliards de dollars sur une période de onze ans, soit une somme bien inférieure aux besoins immédiats pour honorer une telle promesse en une seule fois.
La soutenabilité de la dette publique
Les analystes financiers soulignent que le financement d'une telle opération reposerait inévitablement sur un accroissement de la dette nationale, qui a franchi la barre des 40 000 milliards de dollars en août dernier. Avec un service de la dette coûtant déjà 1 100 milliards de dollars par an — dépassant désormais le budget de la défense —, toute nouvelle émission de dette alourdirait durablement la charge pesant sur les contribuables américains. La majeure partie de cette dette est détenue par des créanciers domestiques, incluant la Réserve fédérale, des fonds de pension et des banques commerciales.
Cadre légal et faisabilité politique
Si des experts juridiques estiment que la promesse ne contrevient pas aux lois électorales, dans la mesure où elle ne cible pas spécifiquement le vote d'individus identifiés, sa mise en œuvre reste incertaine. Un tel versement nécessiterait impérativement l'approbation du Congrès, le président ne disposant pas de fonds discrétionnaires pour une telle distribution. Par ailleurs, les antécédents de ce type d'annonces incitent à la prudence : des promesses similaires de redistribution, liées notamment aux économies du département de l'efficacité gouvernementale (DOGE) ou aux revenus tarifaires, n'ont jusqu'à présent pas abouti à des versements effectifs aux citoyens.