Dans le cadre de la campagne de mi-mandat, Donald Trump a promis le versement d'un « dividende » de 5 000 dollars à chaque citoyen majeur des États-Unis. Cette proposition, conditionnée à une victoire républicaine au Congrès, soulève des questions majeures sur l'équilibre budgétaire d'un pays dont la dette dépasse désormais les 40 000 milliards de dollars.
Une facture colossale pour les finances publiques
Le coût estimé de cette mesure atteint environ 1 200 milliards de dollars si l'on considère l'ensemble des citoyens majeurs, soit un montant supérieur à la demande budgétaire totale du Pentagone pour 2026. Même en restreignant le versement aux seuls 174 millions d'électeurs inscrits, la dépense s'élèverait à 870 milliards de dollars. Face à un déficit annuel déjà proche de 1 800 milliards de dollars, les experts du Committee for a Responsible Federal Budget soulignent l'absence d'excédents permettant de financer une telle distribution.
Le financement par les droits de douane en question
Pour justifier cette manne financière, le vice-président JD Vance a évoqué l'utilisation des recettes douanières. Toutefois, les projections du Trésor américain pour 2026 tablent sur 406 milliards de dollars de revenus issus des tarifs douaniers. Ce montant ne couvrirait qu'un tiers du coût total de la promesse électorale, rendant le modèle économique de ce « dividende Trump » difficilement soutenable sans creuser davantage le déficit ou augmenter les coûts d'emprunt de l'État, déjà sous pression avec des rendements obligataires en hausse.
Impact sur le pouvoir d'achat des ménages
Sur le plan pratique, une telle somme représenterait un soutien significatif pour les foyers américains, dont les dépenses moyennes s'élevaient à 78 535 dollars en 2024. Pour un ménage composé de deux adultes, le cumul de 10 000 dollars pourrait théoriquement couvrir environ 11 mois de dépenses alimentaires ou quatre mois de charges liées au logement. Cependant, ces projections ne tiennent pas compte de l'inflation persistante qui continue d'éroder le pouvoir d'achat réel des citoyens.
Un contexte politique sous tension
Cette annonce intervient alors que le Parti républicain tente de conserver ses majorités au Congrès dans un climat électoral incertain. Si la légalité de la proposition est confirmée par des experts juridiques — le versement étant présenté comme une promesse de campagne universelle et non comme une incitation directe au vote —, sa mise en œuvre nécessiterait impérativement l'aval du Congrès. La viabilité de cette mesure reste donc suspendue aux résultats des urnes et à la capacité du parti à naviguer dans un environnement économique marqué par des taux d'intérêt élevés et une dette publique record.