Donald Trump a récemment promis le versement d'un dividende de 5 000 dollars à chaque citoyen adulte américain, conditionné à une victoire républicaine lors des prochaines élections législatives. Cette annonce, qui s'inscrit dans une série de propositions financières restées sans suite par le passé, soulève des interrogations majeures sur sa viabilité économique, son impact inflationniste et sa conformité avec les règles électorales fédérales.
Un coût budgétaire colossal
Le financement d'une telle mesure représente un défi financier sans précédent. Avec environ 254 millions de citoyens adultes aux États-Unis, le coût total de cette opération atteindrait environ 1 270 milliards de dollars. Ce montant équivaudrait à 18 % du budget fédéral américain pour 2025, dépassant largement les dépenses militaires du pays, qui se situent à 13 %. À titre de comparaison, les aides directes versées aux particuliers durant la pandémie de Covid-19, bien que massives, s'étaient élevées à 814 milliards de dollars sur trois vagues.
L'insuffisance des droits de douane
Pour financer ce dividende, Donald Trump évoque le recours aux droits de douane. Toutefois, les données actuelles démontrent l'inadéquation de cette source de revenus : en 2025, les droits de douane ont rapporté 195 milliards de dollars, un montant bien trop faible pour couvrir la dépense promise. De plus, des décisions de la Cour suprême ont contraint le gouvernement à rembourser certaines entreprises, rendant le solde net des recettes douanières particulièrement volatile, voire déficitaire sur certaines périodes. Une telle distribution viendrait aggraver un déficit fédéral qui atteint déjà 2 000 milliards de dollars sur les onze premiers mois de l'année fiscale.
Risques inflationnistes et cadre légal
Au-delà de la question du financement, les économistes pointent le risque d'une accélération de l'inflation. L'injection massive de liquidités directement auprès des particuliers stimule la demande sans accroître l'offre, créant un déséquilibre propice à la hausse des prix. Alors que l'inflation se maintient à 3,4 %, soit au-dessus de l'objectif de 2 % de la Réserve fédérale, une telle mesure pourrait reproduire les effets observés durant la pandémie, où les aides publiques avaient contribué à une hausse supplémentaire de 2,6 points de pourcentage de l'inflation. Enfin, si la promesse semble éviter l'interdiction légale de corruption électorale en s'adressant à tous les citoyens sans distinction de vote, sa mise en œuvre effective nécessiterait une validation par le Congrès, rendant son exécution hautement incertaine.