Le secteur européen de la pomme de terre traverse une crise de production majeure, marquée par une chute drastique des rendements après une année de surproduction. La combinaison d'aléas climatiques extrêmes et d'une réduction volontaire des surfaces cultivées laisse présager la récolte la plus faible jamais enregistrée sur le continent.
L'impact conjugué de la canicule et de la sécheresse
Les conditions météorologiques de l'été et de l'automne ont durement affecté les cultures dans les principaux pays producteurs du nord-ouest de l'Europe. La France enregistre une baisse de 13 % par rapport à sa moyenne quinquennale, tandis que la Belgique, l'Allemagne et la Grande-Bretagne subissent des reculs respectifs de 21 %, 10 % et 11 %. En France, la production totale devrait chuter à 6,5 millions de tonnes, soit une baisse de 22 % par rapport à l'année précédente, marquant un coup d'arrêt brutal après trois décennies de croissance continue.
La réaction des agriculteurs face à la crise de 2025
La situation actuelle est également le résultat d'une stratégie d'ajustement des producteurs. L'année 2025 avait été marquée par une surproduction telle que certains agriculteurs avaient été contraints de détruire ou de donner leurs récoltes face à l'effondrement des prix. En conséquence, les surfaces emblavées ont été réduites cette année : la Belgique a diminué ses surfaces de 17 %, les Pays-Bas de 15 %, l'Allemagne de 11 % et la France de 10 %. Au total, ce sont 166 000 hectares qui ont été cultivés en France, soit une baisse de plus de 13 % en une saison.
Risques de tensions sur le marché de la transformation
La filière belge, premier exportateur mondial de frites surgelées, se trouve en première ligne. Outre la faiblesse des volumes, la sécheresse a engendré un problème de calibre : une grande partie des pommes de terre récoltées est jugée trop petite pour répondre aux standards industriels de transformation. Cette pénurie de matière première de qualité, couplée à une forte orientation vers l'exportation, laisse anticiper une hausse probable des prix des produits transformés, dont les effets pourraient se faire sentir bien au-delà des frontières belges.