La tentative de notification d'une citation à comparaître à l'encontre de Fadilou Keïta, ancien directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), s'est soldée par un échec. Cette difficulté procédurale met en lumière les tensions entourant la passation de pouvoir au sein de l'institution financière publique.
Une transition administrative en suspens
Le décret n°2026-1604, promulgué le 10 septembre 2026, a acté le limogeage de Fadilou Keïta et la nomination de Mamadou Lamine Guissé pour assurer l'intérim à la tête de la CDC. Toutefois, trois jours après la prestation de serment de son successeur, le processus de passation de service n'était toujours pas formellement acté. Cette situation de flottement administratif a conduit le personnel de la Caisse à refuser de réceptionner l'acte judiciaire destiné à l'ancien dirigeant, arguant de son départ effectif de ses fonctions.
L'huissier face à une impasse logistique
Mandaté pour notifier la citation à comparaître, l'huissier de justice n'a pu localiser Fadilou Keïta ni au sein des locaux de la CDC, ni par voie téléphonique. Face à ce blocage, l'officier ministériel a fait savoir qu'il poursuivrait ses tentatives de contact afin de régulariser la procédure. Cette étape est cruciale pour permettre la tenue de l'audience prévue le 28 octobre prochain devant le tribunal correctionnel de Dakar.
Les enjeux d'un dossier judiciaire complexe
Cette affaire judiciaire oppose l'homme d'affaires Abdoulaye Sylla à Fadilou Keïta ainsi qu'au média Sans Limites. Le contexte de cette procédure est marqué par les récentes déclarations de l'ancien directeur général concernant la gestion financière de la CDC. À son arrivée à la tête de l'institution, Fadilou Keïta avait publiquement affirmé que les disponibilités financières s'élevaient à moins de 270 millions de francs CFA, une déclaration qui s'inscrit dans un climat de surveillance accrue des comptes publics. La résolution de ce litige dépend désormais de la capacité de la justice à notifier formellement les parties concernées pour garantir la tenue des débats contradictoires.