La présidente de l'Association du barreau du Ghana (GBA), Efua Ghartey, a vivement critiqué la posture du juge en chef, Paul Baffoe-Bonnie, suite à des déclarations jugées partisanes. Lors de la conférence annuelle du barreau à Ada, elle a déploré une communication ambiguë de la part de certains magistrats, perçue comme un alignement sur les intérêts de l'exécutif.
Des propos controversés lors de visites officielles
La polémique trouve son origine dans des sorties publiques du juge en chef, effectuées le 2 septembre 2026 lors de visites au Fonds national de prévoyance sociale (SSNIT) et au Fonds d'investissement des revenus miniers (MIIF). À cette occasion, Paul Baffoe-Bonnie a comparé les performances des institutions publiques sous l'administration actuelle avec celles du gouvernement précédent. Ces prises de position ont suscité une vive controverse, certains acteurs politiques réclamant même sa démission, tandis que d'autres instances, comme la Conférence des évêques catholiques, ont jugé cette demande disproportionnée.
La critique d'une défense jugée insuffisante
Face à la polémique, le Service judiciaire avait tenté de justifier les propos du juge en chef, affirmant qu'ils avaient été tenus de bonne foi sans intention de compromettre l'impartialité de l'institution. Une explication jugée « au mieux terne » par Efua Ghartey. Pour la présidente du barreau, cette défense ne répond pas aux préoccupations fondamentales sur l'indépendance de la justice, pilier garanti par l'article 128 de la Constitution de 1992.
L'exigence de neutralité constitutionnelle
S'appuyant sur la jurisprudence, notamment une décision du juge de la Cour suprême Yoni Kulendi, Efua Ghartey a rappelé que les titulaires de charges indépendantes, au même titre que les chefs traditionnels, sont tenus à une réserve stricte en matière de politique partisane. Elle a souligné que la population ghanéenne, devenue très vigilante, rejette toute forme de justice orientée. En conclusion, elle a exhorté les magistrats à une introspection profonde sur les exigences éthiques de leur fonction, rappelant que le respect de la Constitution impose de rester dans les limites strictes de leur rôle institutionnel pour garantir la confiance des citoyens dans le système judiciaire.