La présidence nigériane a vivement réagi à la signature d'un contrat de lobbying de 1,2 million de dollars entre l'ancien vice-président Atiku Abubakar et le cabinet américain Von Batten-Montague-York. Cette initiative est perçue par le gouvernement comme une tentative de déstabilisation politique visant à obtenir une validation étrangère à l'approche des élections générales de 2027.
Un contrat sous surveillance au titre du FARA
Selon les déclarations de Sunday Dare, conseiller spécial du président chargé des médias, les documents déposés en vertu de la loi américaine sur l'enregistrement des agents étrangers (FARA) confirment l'existence d'un accord de 12 mois. Pour la présidence, cet engagement financier ne vise pas à servir l'intérêt national, mais à instrumentaliser des archives judiciaires américaines anciennes pour contester la légitimité de l'administration actuelle. Le gouvernement nigérian souligne que ces procédures liées à la loi sur la liberté d'information (FOIA) sont en cours depuis 2023 et restent sans lien avec les engagements diplomatiques du président Bola Tinubu.
La crédibilité des intermédiaires remise en cause
La présidence nigériane a également mis en garde contre les affirmations portées par Karl-Marx Edward Okeke-Von Batten, le fondateur du cabinet de lobbying. Sunday Dare qualifie les titres de « conseiller gouvernemental » dont se prévaut ce dernier de manœuvre sémantique. Il insiste sur le fait que les déclarations de ce lobbyiste n'engagent en rien le gouvernement américain ou la présidence des États-Unis. Les autorités nigérianes appellent à la prudence concernant les rumeurs sur un accès privilégié à Donald Trump ou sur une influence supposée sur les procédures judiciaires en cours.
Le débat politique nigérian face aux enjeux électoraux
Au-delà de la controverse financière, la présidence nigériane accuse l'opposition de privilégier le « muckraking » — la recherche de scandales — et la polarisation ethnique au détriment de propositions concrètes. Sunday Dare soutient que si des infractions pénales avaient été commises par le président Tinubu par le passé, les autorités américaines auraient déjà agi. Le gouvernement affirme que la réussite électorale en 2027 ne se jouera pas sur des campagnes médiatiques orchestrées depuis l'étranger, mais sur la capacité des partis à présenter des plans de développement économique et des réformes institutionnelles tangibles devant les électeurs nigérians.