La présidence nigériane a vivement réagi à la proposition de l'ancien vice-président Atiku Abubakar visant à instaurer des subventions à la production pour les raffineries locales. L'exécutif actuel affirme que ce mécanisme a déjà été testé par le passé, sous l'administration d'Olusegun Obasanjo, et qu'il s'est soldé par un échec économique notoire.
Un précédent historique jugé infructueux
Otega Ogra, assistant spécial du président Bola Tinubu, a rappelé que la stratégie de subventionner le brut destiné aux raffineries nationales avait été mise en œuvre alors qu'Atiku Abubakar occupait la vice-présidence. Selon les données avancées par la présidence, cette politique n'a pas permis de redresser les capacités de raffinage du pays. Entre 2001 et 2004, les taux d'utilisation des raffineries de Warri, Kaduna et Port Harcourt ont connu des baisses significatives, atteignant des niveaux critiques malgré les aides financières allouées.
L'envolée des prix à la pompe
Au-delà de la baisse de productivité des infrastructures, la présidence souligne que la mesure n'a pas protégé le consommateur final. Les chiffres indiquent que le prix de l'essence a plus que triplé en 2004, pour atteindre près du quadruple à la fin du mandat de l'administration Obasanjo. Ce constat sert d'argument central à l'exécutif actuel pour démontrer l'inefficacité structurelle d'une telle subvention sur le marché des carburants.
L'abandon officiel de la mesure en 2003
La présidence rappelle qu'en octobre 2003, l'administration de l'époque avait elle-même mis fin à ce dispositif par une directive présidentielle. Le texte ordonnait à la compagnie pétrolière nationale (NNPC) de payer le prix international pour le brut destiné au raffinage, actant ainsi l'échec de la subvention à la production. En remettant ce débat sur le devant de la scène, l'exécutif actuel interpelle l'ancien vice-président sur les preuves de réussite de cette politique, tout en affirmant que les résultats passés constituent une leçon suffisante pour écarter cette option dans le contexte économique actuel du Nigeria.