La présidence nigériane a formellement démenti, ce 3 septembre 2026, l'existence de poursuites pénales visant le chef de l'État, Bola Ahmed Tinubu, sur le sol américain. Cette mise au point intervient dans un contexte de spéculations alimentées par une procédure judiciaire en cours à Washington concernant la divulgation de documents officiels.
Une distinction juridique entre civil et pénal
Le conseiller spécial à l’information, Bayo Onanuga, a précisé que le dossier examiné par la juge fédérale Beryl A. Howell ne constitue en aucun cas une affaire pénale. Il s'agit d'une action civile, initiée en 2023 par Aaron Greenspan, portant sur l'application de la loi américaine sur la liberté d'information (FOIA). Le litige se concentre spécifiquement sur la légalité des caviardages effectués par le FBI et la DEA sur 399 pages de documents, ces agences invoquant la protection de la vie privée, le secret des sources et les procédures du Grand Jury.
Le rôle des agences fédérales américaines
La controverse a été ravivée par une demande du FBI, déposée le 20 août, visant à maintenir sous scellés certains éléments justificatifs. La présidence nigériane souligne que le tribunal n'a prononcé aucune condamnation ni reconnaissance d'infraction pénale à l'encontre de Bola Tinubu. Elle rappelle également qu'en 2003, le consulat américain à Lagos avait déjà officiellement informé les autorités nigérianes de l'absence de casier judiciaire ou de mandat à l'encontre de l'intéressé, alors gouverneur, après vérification des dossiers du FBI.
Un calendrier judiciaire sous haute surveillance
Le tribunal a fixé un calendrier strict pour la suite des débats : les parties ont jusqu'au 11 septembre 2026 pour répondre aux dépôts, suivies d'une échéance finale au 18 septembre pour les répliques des agences fédérales. La présidence nigériane appelle à la prudence face aux interprétations politiques, visant notamment les commentaires de l'avocat Karl von Batten. Alors que le climat politique se tend à l'approche de l'échéance électorale de janvier 2027, le gouvernement insiste sur le fait que l'issue de cette affaire dépendra exclusivement des preuves et du droit, et non des pressions médiatiques ou des prises de position de l'opposition.