Une récente enquête menée par le magazine 60 millions de consommateurs met en lumière la présence quasi généralisée de cadmium dans les pâtes alimentaires. Bien que les teneurs relevées restent en deçà des limites réglementaires européennes, la récurrence de ce métal lourd dans un aliment de base interroge sur les risques liés à une exposition chronique.
Une contamination liée à la nature des sols
L'analyse, portant sur 36 références de pennes et de spaghettis, révèle que 32 d'entre elles contiennent des traces de cadmium. Selon les experts, cette contamination trouve son origine dans les sols où est cultivé le blé dur. Le métal lourd est absorbé par la plante lors de sa croissance, rendant sa présence quasi inévitable dans le produit fini. La teneur maximale observée lors de ces tests s'établit à 0,066 milligramme par kilo, un chiffre inférieur au seuil de 0,18 milligramme autorisé au sein de l'Union européenne.
L'enjeu de l'accumulation dans l'organisme
Si les niveaux détectés ne constituent pas une infraction aux normes en vigueur, le risque réside dans la répétition de la consommation. Le cadmium est une substance classée comme cancérigène, notamment associée à une augmentation des risques de cancer du rein. Étant donné que les pâtes constituent un pilier de l'alimentation quotidienne, avec une consommation annuelle moyenne dépassant 9 kg par habitant, les experts soulignent que c'est l'accumulation sur le long terme, via divers aliments, qui représente une menace réelle pour la santé humaine.
Diversifier les sources pour limiter l'exposition
L'enquête démontre que la concentration en cadmium ne dépend ni du prix du produit, ni de sa marque, mais est intrinsèquement liée à la provenance géographique du blé utilisé. Face à ce constat, les spécialistes recommandent une stratégie de diversification alimentaire. En alternant les marques et les types de produits — notamment en évitant de consommer exclusivement des pâtes au blé complet ou une seule et même référence — les consommateurs peuvent réduire le risque d'une surexposition constante à ce métal lourd. À noter que les résultats varient significativement au sein d'une même gamme : certaines références sans gluten ont montré des taux de contamination plus faibles que leurs équivalents classiques.