La préparation au pouvoir : un impératif de gouvernance qui précède les urnes

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 22 lectures
La préparation au pouvoir : un impératif de gouvernance qui précède les urnes

La compétence d'un gouvernement ne naît pas de la victoire électorale, mais d'un long processus de préparation interne au sein des partis politiques. Johnson Asiedu Nketiah, président national du Congrès national démocratique (NDC) du Ghana, a rappelé lors du dialogue intercontinental des partis politiques à Séoul, le 7 septembre 2026, que la gestion d'un État exige une discipline et une expertise qui se forgent bien avant l'accès aux responsabilités.

La distinction entre campagne et exercice du pouvoir

Le dirigeant politique souligne une fracture majeure : les compétences nécessaires pour remporter une élection — persuasion, instinct politique et capacité de coalition — diffèrent radicalement de celles requises pour gouverner. Alors que la campagne privilégie la visibilité, l'exercice du pouvoir impose une rigueur dans la gestion des budgets, des institutions publiques et des politiques sectorielles. Selon lui, les partis commettent une erreur stratégique en attendant d'être au pouvoir pour identifier les experts capables de piloter des domaines aussi cruciaux que l'économie, la santé ou l'éducation.

La culture interne comme vivier de compétences

Pour Asiedu Nketiah, la structure interne d'un parti est une question d'intérêt public. Les habitudes de jugement et les réflexes de gouvernance des futurs ministres et conseillers se développent au fil des années d'engagement partisan. Si une organisation privilégie systématiquement la loyauté aveugle ou l'agressivité au détriment de la compétence et de l'indépendance d'esprit, elle finit par reproduire ces travers au sein des institutions de l'État. Il exhorte donc les formations politiques à valoriser le débat interne et la capacité à gérer des dossiers complexes.

Au-delà du leadership individuel

La réussite d'une administration ne repose pas uniquement sur la figure du chef de l'exécutif, mais sur la profondeur du vivier de cadres dont dispose le parti. Le président du NDC met en garde contre la dépendance à un cercle restreint de dirigeants, préconisant plutôt la création d'un pipeline continu de talents. Cette exigence de recrutement est, selon lui, une question de capacité nationale : la qualité des nominations influence directement la résilience des institutions face aux crises.

Un échange nécessaire entre traditions politiques

En participant à cette initiative portée par l'Africa Governance Centre, les partis africains cherchent à confronter leurs pratiques à celles d'autres régions du monde, notamment d'Asie et d'Amérique latine. Si les modèles ne sont pas transposables tels quels, ces échanges permettent aux organisations de prendre du recul sur leurs propres faiblesses structurelles. L'enjeu final demeure la transformation des partis politiques en véritables institutions de formation, capables d'assumer la responsabilité de la gestion publique dès le lendemain du scrutin.

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