Le décès récent de l'actrice Atinuke Kareem, emportée par un cancer du sein, met en exergue la vulnérabilité des professionnels du cinéma nigérian face aux maladies graves. Cette disparition, survenue peu après celle de l'acteur Taiwo Hassan, souligne les limites d'un système de santé où l'accès aux soins oncologiques repose largement sur la solidarité privée et les appels aux dons.
L'impasse financière des soins oncologiques
Atinuke Kareem avait publiquement sollicité un soutien financier quatre mois avant son décès, expliquant que les ressources de sa famille et l'aide de son association professionnelle, la Theatre Arts and Motion Pictures Practitioners Association of Nigeria (TAMPAN), ne suffisaient plus à couvrir les frais médicaux. Malgré une mobilisation au sein de l'industrie cinématographique, ces fonds n'ont pas permis de garantir une issue favorable à son traitement, illustrant la difficulté pour de nombreux citoyens nigérians de financer des soins lourds en l'absence de couverture santé généralisée.
Une série de décès qui interroge le secteur
La disparition de Kareem, confirmée par les responsables de la TAMPAN dans l'État d'Ogun, s'inscrit dans une séquence douloureuse pour Nollywood. Elle survient seulement neuf jours après le décès de l'acteur vétéran Taiwo Hassan, dit Ogogo, également victime d'un cancer. Ces pertes successives, auxquelles s'ajoute celle d'Alexx Ekubo plus tôt dans l'année, portent à trois le nombre d'acteurs de premier plan emportés par des pathologies cancéreuses en 2026.
Le défi de la protection sociale au Nigeria
La récurrence de ces appels à l'aide publique, lancés par des personnalités reconnues pour financer leur survie, renforce les critiques sur l'état du système de santé nigérian. La dépendance aux dons individuels pour pallier le coût prohibitif des traitements contre le cancer met en lumière une problématique de santé publique majeure : l'inégalité d'accès aux soins spécialisés. Pour les décideurs et les acteurs sociaux, ces drames rappellent l'urgence de structurer des mécanismes de protection sociale capables de soutenir les citoyens face aux risques sanitaires majeurs, au-delà des élans de solidarité ponctuels.