Le décès tragique de Sember Mende, une jeune mère de 23 ans, lors d'un accouchement dans l'État de Benue, souligne l'extrême vulnérabilité des populations déplacées internes (PDI) au Nigeria. Cet événement met en exergue l'absence critique d'infrastructures de santé accessibles pour les familles contraintes de quitter leurs foyers pour survivre.
Un accouchement sans assistance médicale qualifiée
Le 9 septembre 2026, Sember Mende, résidente du camp de déplacés d'Ortese, a succombé à des complications post-partum après avoir donné naissance à des jumeaux dans son village d'origine, Tse Pen. Le couple s'était temporairement réinstallé sur ses terres agricoles pour subvenir à ses besoins. Faute d'accès à un centre de santé, l'accouchement a été réalisé par une assistance locale non qualifiée. L'apparition rapide d'une forte fièvre et de complications médicales, survenues moins de deux heures après la naissance, a conduit au décès de la jeune femme avant qu'un transfert hospitalier ne puisse être organisé.
La détresse des familles dans les camps de déplacés
Ce drame laisse derrière lui deux nouveau-nés, désormais pris en charge dans le camp d'Ortese par leur grand-mère paternelle. Cette dernière, elle-même affaiblie par la maladie, tente de subvenir aux besoins vitaux des nourrissons dans un environnement précaire. La situation de Rochas Mende, le père des enfants, illustre le poids insoutenable que font peser les conditions de vie en camp sur les familles, privées de ressources et de filets de sécurité sociale.
Un appel à la solidarité face à l'urgence humanitaire
Face à l'impossibilité de faire face seul à cette situation, Rochas Mende a lancé un appel à l'aide en direction des autorités nigérianes, des organisations humanitaires et de la société civile. Au-delà du cas individuel, cet appel pointe une problématique structurelle : l'incapacité des services publics à garantir un suivi médical minimal aux populations déplacées, particulièrement lors des périodes de retour saisonnier vers les zones agricoles. La survie des jumeaux dépend désormais de la mobilisation de soutiens extérieurs pour pallier l'absence de soins pédiatriques et nutritionnels adaptés dans le camp.