La possible libération anticipée d'un logisticien des attentats du 13-Novembre ravive les tensions judiciaires

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 36 lectures
La possible libération anticipée d'un logisticien des attentats du 13-Novembre ravive les tensions judiciaires

La perspective d'une libération conditionnelle de Mohamed Bakkali, logisticien clé des attentats du 13-Novembre, suscite une vive indignation parmi les victimes et leurs familles. Condamné à trente ans de réclusion par la justice française, l'intéressé pourrait bénéficier de la souplesse du droit belge, où il purge actuellement sa peine.

Une divergence juridique aux conséquences lourdes

Bien que condamné en France, Mohamed Bakkali a été renvoyé en Belgique en 2023 en vertu d'une clause de retour liée à son extradition. Ce transfert a entraîné la disparition de la période de sûreté initialement prévue par la loi française, celle-ci n'étant pas rétroactive dans le droit belge pour les faits commis en 2015. En conséquence, le détenu a atteint le seuil légal permettant de solliciter une libération conditionnelle, une situation que les associations de victimes perçoivent comme un déni de la sévérité de la peine prononcée à Paris.

Le parcours carcéral au cœur du débat

La défense de Mohamed Bakkali met en avant un comportement exemplaire en détention, soulignant l'obtention de diplômes universitaires et une volonté de réinsertion. Ces éléments ont déjà permis au détenu de bénéficier de plusieurs permissions de sortie. Si la direction de la prison soutient cette démarche, le parquet de Bruxelles a toutefois exprimé son opposition à toute mesure de libération ou de surveillance électronique à ce stade, bien que son avis ne soit pas contraignant pour le tribunal de l'application des peines.

L'inquiétude des victimes face à l'Europe judiciaire

Au-delà du cas individuel, cette affaire cristallise les craintes des parties civiles concernant l'efficacité de la coopération judiciaire européenne face au terrorisme. Les associations dénoncent un manque de communication de la part des autorités et s'interrogent sur les mécanismes de surveillance post-libération. Pour de nombreuses familles, la possibilité que des condamnés pour des actes terroristes d'une telle ampleur puissent retrouver une liberté encadrée, malgré les interdictions de territoire français, soulève des questions fondamentales sur la pérennité de la justice rendue aux victimes.

Un point de vigilance sur la récidive

L'audience prévue le 29 septembre devant le tribunal d'Ittre sera déterminante. Les victimes, bien que sceptiques quant à l'issue de la procédure, tentent de faire valoir des conditions strictes, telles que des zones d'interdiction géographique. L'enjeu dépasse le cadre de la peine : il interroge la capacité des systèmes pénitentiaires à évaluer réellement le risque de récidive et la déradicalisation d'individus ayant occupé des fonctions logistiques centrales au sein de cellules terroristes internationales.

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