Le thé matcha, devenu un incontournable des coffee shops et des réseaux sociaux, fait l'objet d'une alerte sanitaire préoccupante. Une enquête récente révèle que ce produit, plébiscité pour ses vertus antioxydantes, présente des niveaux de contamination à l'aluminium dépassant les seuils de sécurité recommandés par les autorités sanitaires.
Un mode de consommation qui favorise l'ingestion de métaux
Contrairement au thé vert classique qui est simplement infusé, le matcha est composé de feuilles de théier (tencha) broyées en poudre fine, puis intégralement ingérées. Cette spécificité technique est au cœur du problème : si elle permet d'absorber la totalité des antioxydants, elle entraîne également l'ingestion directe des contaminants présents dans la plante. L'aluminium, naturellement abondant dans les sols volcaniques où le thé est cultivé, se retrouve ainsi concentré dans la boisson finale, contrairement à une infusion où le métal ne se dissout que très peu.
Des seuils toxicologiques fréquemment dépassés
Les analyses menées sur sept références de matcha montrent que quatre d'entre elles excèdent les valeurs toxicologiques de référence (VTR) fixées par l'Anses. Cette agence française a établi un seuil de 40 microgrammes d'aluminium par kilo de poids corporel et par jour, une limite nettement plus stricte que celle préconisée par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Les données indiquent qu'une part significative de la population adulte dépasse déjà ces recommandations, rendant l'apport supplémentaire lié au matcha potentiellement problématique pour la santé, notamment en raison de la neurotoxicité de ce métal à doses chroniques élevées.
Un vide réglementaire face aux promesses marketing
Malgré ces constats, la commercialisation du matcha reste parfaitement légale. L'Union européenne n'a pas encore défini de teneur maximale réglementaire pour l'aluminium dans les denrées alimentaires, permettant aux marques de continuer à promouvoir les bienfaits stimulants et tonifiants de leurs produits sans contrainte légale liée à cette contamination. Face à cette situation, les experts recommandent une vigilance accrue, particulièrement pour les consommateurs réguliers, et suggèrent de limiter la fréquence de consommation, non seulement du matcha, mais également de l'ensemble des produits transformés pouvant contenir des traces d'aluminium.