Le Nigeria Police Force (NPF) a clairement indiqué qu’il n’a pas pour mission de contrôler les vaches errantes dans la capitale fédérale, Abuja, sauf en cas d’infraction avérée. Une position qui laisse les résidents face à un vide juridique et à des risques croissants de perturbations urbaines.
Une responsabilité renvoyée aux autorités environnementales
Lors d’une conférence de presse conjointe des porte-parole des forces de sécurité, le porte-parole de la police, l’inspecteur CSP Ani Iniedu, a précisé que la gestion des animaux, y compris les bovins, relève des ministères ou départements de l’Environnement. Selon lui, l’intervention policière n’est justifiée que si les animaux commettent une infraction, endommagent des biens ou empiètent sur des propriétés privées. Dans ces cas, une plainte doit être déposée auprès du commissariat le plus proche pour déclencher une enquête.
Abuja submergée par les vaches errantes
Cette clarification intervient alors que les habitants d’Abuja dénoncent la prolifération des vaches en liberté sur les grands axes routiers et dans les espaces publics. Les craintes portent sur les perturbations du trafic, les risques pour la sécurité des piétons et les dégâts matériels. Pourtant, malgré ces alertes répétées, aucune solution concrète n’émerge, faute de coordination claire entre les acteurs concernés.
Un silence politique qui interroge
Le ministre de la Territoire de la capitale fédérale (FCT), Nyesom Wike, a pour sa part adopté une posture énigmatique. Interrogé sur le sujet, il a évoqué une dimension de « sécurité nationale » sans fournir d’explications supplémentaires, suggérant que le dossier dépasse le cadre local. Cette déclaration, qui renvoie vers les services de renseignement (NSA et DSS), laisse planer un doute sur l’implication réelle des autorités dans la résolution du problème.
Un enjeu qui dépasse le cadre urbain
Derrière cette crise se profile un conflit plus large autour de l’utilisation des terres et des droits de pâturage, un sujet récurrent au Nigeria. Les vaches errantes, souvent issues de communautés pastorales en déplacement, symbolisent les tensions entre urbanisation et pratiques traditionnelles. Sans cadre légal adapté ou mécanismes de médiation efficaces, la situation risque de s’aggraver, avec des conséquences directes sur la cohésion sociale et la stabilité des villes.