Les autorités nigérianes ont ouvert des enquêtes contre trois responsables politiques pour des déclarations jugées incitatives, alors que le pays se prépare aux élections de 2027. Parmi les ciblés figurent un commissaire d'État, un président de conseil local et un sénateur, tandis que 154 suspects liés à des troubles lors du scrutin d'août 2023 restent détenus.
Des menaces électorales sous enquête
La police nigériane a lancé des investigations contre le commissaire aux Sports et à la Jeunesse de l'État de Borno, Sainna Buba, le président du conseil local de Kuje (Territoire de la capitale fédérale), Danjuma Shekwolo, et le sénateur Francis Fadahunsi (Osun Est), pour des propos jugés incitatifs. Ces déclarations, dont certaines évoquent des violences ou des pressions sur les électeurs en vue de 2027, font l'objet d'une procédure judiciaire.
Le porte-parole de la police, CSP Aniete Iniedu, a confirmé que ces personnalités avaient été interrogées, notamment le sénateur Fadahunsi, mis en cause pour des menaces envers des membres du parti Accord lors du scrutin d'août 2023 dans l'État d'Osun. Selon Iniedu, « inciter le public, surtout en lien avec le processus électoral, constitue une infraction pénale ». Les résultats des enquêtes seront rendus publics une fois conclues.
154 suspects toujours détenus après les troubles électoraux
Parallèlement, la police maintient en détention 154 personnes arrêtées lors des violences survenues pendant le scrutin d'août 2023 dans l'État d'Osun. Ces suspects, dont les cas sont encore en cours d'instruction, pourraient faire l'objet de poursuites. Iniedu a souligné les difficultés rencontrées par les enquêteurs, notamment le manque de témoins prêts à témoigner, un obstacle récurrent dans les procédures judiciaires nigérianes.
« La loi exige au moins deux ou trois témoins pour établir une accusation. Celui qui allègue doit prouver ses dires », a-t-il rappelé, appelant la population à coopérer avec les autorités en fournissant des preuves ou des témoignages sans crainte de représailles.
Tensions avec les retraités : la police justifie l'usage de la force
La police a également défendu son intervention lors d'une manifestation de retraités à Lagos, où des gaz lacrymogènes avaient été utilisés pour disperser des protestataires. Le porte-parole a reconnu le droit des retraités à réclamer leurs droits, mais a rappelé que les protestations doivent respecter l'ordre public.
Selon Iniedu, l'inspecteur général de la police, Tunji Disu, a à deux reprises invité les retraités à son bureau pour leur conseiller des voies légales pour faire valoir leurs revendications. Il a rappelé que certains manifestants avaient déjà enfreint la loi en envahissant des lieux publics, comme la résidence présidentielle à Abuja ou des axes routiers dans la capitale fédérale. « La loi autorise l'usage de la force proportionnée pour rétablir l'ordre », a-t-il précisé, tout en appelant les retraités à poursuivre leur mobilisation de manière pacifique.