La police de l'État d'Oyo, au Nigeria, a mis au jour un réseau criminel inter-États spécialisé dans l'enlèvement et le trafic d'enfants. Cette opération d'envergure, déclenchée par une enquête sur une disparition, a permis de secourir 17 mineurs et de mettre en lumière des pratiques criminelles impliquant la vente de dépouilles à des fins rituelles.
De la disparition isolée au démantèlement d'un réseau
L'affaire a débuté par une plainte déposée fin juillet à Ibadan, initialement liée à un conflit privé. Cependant, les investigations de la brigade anti-enlèvement ont rapidement basculé vers une affaire de disparition d'enfant lors d'un festival traditionnel en juin. L'exploitation des preuves numériques et des témoignages a conduit à l'arrestation d'une suspecte, Adejoke Popoola, dont les aveux ont révélé l'existence d'une organisation criminelle structurée. Cette dernière aurait orchestré l'enlèvement de plus de 15 enfants, âgés de deux à sept ans, dans des lieux publics, des églises et lors d'événements festifs.
Une logistique criminelle étendue sur plusieurs États
Le réseau, qui s'étend au-delà des frontières de l'État d'Oyo, fonctionnait avec une logistique complexe. Les enquêteurs ont retracé des ramifications jusqu'à Mowe, dans l'État d'Ogun, et Agbor, dans l'État du Delta. À Mowe, les forces de l'ordre ont découvert quatre enfants et deux femmes enceintes retenus en captivité. Selon les autorités, ces femmes étaient maintenues sous surveillance jusqu'à leur accouchement, illustrant une exploitation systématique. Sept suspects au total ont été interpellés, confirmant la dimension inter-États de ce trafic organisé.
La découverte macabre de pratiques rituelles
L'enquête a pris une tournure particulièrement sombre avec la révélation du décès de six enfants en captivité. Les suspects ont admis avoir vendu les dépouilles de ces mineurs à des individus pratiquant des rituels. Deux hommes, dont un herboriste, ont été arrêtés pour leur implication présumée dans ces actes. La police a identifié les victimes décédées et travaille désormais avec les services sociaux et les autres agences de sécurité pour démanteler l'intégralité de la structure criminelle.
Appel à la vigilance des autorités
Le commissaire de police Abimbola Olugbenga a exhorté les familles ayant perdu des enfants récemment à se présenter au quartier général de la police à Eleyele, Ibadan, pour procéder à l'identification des mineurs secourus. Face à la recrudescence de ces méthodes, les autorités appellent les parents à une vigilance accrue, notamment vis-à-vis de personnes se présentant comme des guérisseurs traditionnels ou spirituels cherchant à isoler les enfants de leur environnement familial.