Face à la colère populaire, le commissaire de police de l'État de Rivers, Olugbenga Adepoju, a formellement promis la révocation et le jugement des agents impliqués dans le décès d'Anthony Obodo. Ce dernier a été abattu le 29 août dernier à Port Harcourt, un drame qui relance le débat sur l'usage excessif de la force par les forces de l'ordre nigérianes.
Les circonstances du drame à Port Harcourt
Le 29 août, Anthony Obodo circulait à bord de son véhicule sur l'axe Agip-Ada-George à Port Harcourt lorsqu'il a été pris en chasse par des policiers. Selon les témoignages de la famille, le conducteur a été abattu à bout portant. Les proches de la victime dénoncent également un vol : après les tirs, les agents auraient extrait le corps du véhicule, dérobé des effets personnels, dont des bijoux, et abandonné la victime sous la pluie avant de s'emparer de sa voiture. Un passant a découvert M. Obodo, blessé, et l'a transporté à l'hôpital où il a succombé à ses blessures.
La réponse de la hiérarchie policière
Le commissaire Olugbenga Adepoju a confirmé que les agents impliqués ont été arrêtés et placés en détention. Il a justifié l'absence du principal suspect devant la foule en colère par son état de santé, l'agent ayant été violemment pris à partie par des témoins après les faits. Le commandement de police a qualifié l'acte de « totalement condamnable », précisant qu'il ne reflète en rien les standards professionnels de l'institution. Une enquête interne est en cours pour établir les responsabilités précises de chaque agent impliqué.
L'exigence d'une enquête indépendante
L'organisation Amnesty International Nigeria a fermement condamné ce qu'elle qualifie de violation grave des droits humains, dénonçant un recours récurrent à la force létale par la police. L'ONG souligne que les promesses gouvernementales de réforme de la police restent insuffisantes face à la persistance de l'impunité. Pour garantir une justice impartiale, Amnesty International demande qu'une enquête indépendante soit menée, arguant que la police ne devrait pas être juge et partie dans une affaire impliquant ses propres membres. L'organisation insiste sur la nécessité de procès publics pour restaurer la confiance des citoyens envers les institutions sécuritaires.