La capitale tchadienne fait face à une vague persistante de criminalité organisée, marquée par une série de braquages violents et d'homicides. Les autorités policières ont identifié un suspect principal, surnommé « Bichara F8 », soupçonné de diriger un réseau criminel responsable de multiples attaques ciblées entre 2022 et 2026.
Une stratégie criminelle visant les flux financiers
Les données communiquées par le commissaire de police principal, Moon Eugene Sizombi, révèlent un mode opératoire récurrent : les assaillants ciblent prioritairement des commerçants et des particuliers transportant des sommes importantes. Depuis 2022, les agressions se sont multipliées, allant du vol de deux millions de francs CFA à des préjudices beaucoup plus lourds, atteignant parfois plus de 130 millions de francs CFA lors d'une seule opération. Ces actes, souvent commis par des individus armés circulant à moto, ont culminé avec des homicides, notamment celui du commerçant Tahir Adoum Abdallah en janvier 2025.
La recrudescence des attaques aux abords des banques
Le mois de septembre 2026 a marqué un tournant dans la violence des opérations, avec une concentration d'attaques aux abords immédiats des institutions bancaires. Les clients de plusieurs établissements, dont Ecobank, BSCI et UBA, ont été pris pour cible lors de leurs retraits. Ces agressions, qui se déroulent fréquemment les vendredis, témoignent d'une organisation méthodique des malfaiteurs qui surveillent les flux de liquidités des usagers, n'hésitant pas à faire usage de leurs armes pour s'emparer de sommes atteignant 71 millions de francs CFA en un seul assaut.
Déploiement d'un dispositif de surveillance bancaire
Face à l'exaspération croissante de la population et à l'insécurité grandissante, la police nationale a annoncé la mise en place d'un système de sécurité spécifique. Ce dispositif vise à sanctuariser les périmètres des institutions bancaires par une surveillance accrue des sites sensibles. L'objectif immédiat des autorités est de neutraliser les réseaux identifiés, dont celui attribué à « Bichara F8 », et de restaurer la confiance des citoyens et des opérateurs économiques dans les espaces publics de la capitale.