La capitale tchadienne est confrontée à une recrudescence préoccupante de la criminalité organisée, marquée par une série de braquages violents et d'homicides. Les autorités policières ont officiellement désigné un individu, identifié sous le nom de Bichara V8, comme le cerveau présumé de ces opérations criminelles qui ciblent principalement les flux financiers des particuliers et des commerçants.
Une chronologie de la violence urbaine
Depuis 2022, N'Djamena subit une multiplication d'agressions à main armée, dont le mode opératoire semble se professionnaliser. Les données communiquées par le commissaire principal Mounne Eugene Sezoumbe révèlent une montée en puissance des préjudices financiers. Si les premières attaques, comme celles de février 2022, portaient sur des sommes de deux millions de francs CFA, les faits récents témoignent d'une escalade alarmante. En 2026, plusieurs braquages ont atteint des montants dépassant les 100 millions de francs CFA, illustrant une volonté des malfrats de cibler des transactions de plus en plus importantes.
Le ciblage systématique des clients bancaires
Le schéma criminel s'est particulièrement cristallisé autour des établissements financiers. Les jours de forte affluence, notamment les vendredis, sont devenus des périodes à haut risque pour les clients des banques. La journée du 16 septembre 2026 a marqué un paroxysme de cette violence, avec plusieurs agressions simultanées aux abords d'institutions bancaires telles qu'Ecobank, la BSCI et UBA. Ces attaques, qui ont entraîné des pertes humaines et des vols massifs, ont provoqué une vive exaspération au sein de la population, confrontée à une insécurité croissante lors de ses déplacements quotidiens.
Réponse sécuritaire et surveillance accrue
Face à la pression sociale et à la récurrence des faits, la Police nationale a dû réajuster sa stratégie opérationnelle. Un dispositif sécuritaire spécifique a été déployé autour des zones bancaires de la capitale. L'objectif affiché par les forces de l'ordre est double : assurer une présence dissuasive pour protéger les citoyens et renforcer les capacités d'identification des membres des réseaux criminels. Cette surveillance renforcée constitue une étape clé dans la tentative des autorités de reprendre le contrôle sur une délinquance qui, par son organisation et sa violence, menace la stabilité et la sécurité des activités économiques à N'Djamena.