Une controverse sur l'usage de l'intelligence artificielle a éclaté entre la State Interests and Governance Authority (SIGA) et le think tank IMANI Africa. Au cœur du débat, la validité d'une analyse critique portant sur un rapport de 448 pages, dont la fiabilité des données est désormais au centre d'une confrontation publique entre le directeur général de la SIGA, Michael Kpessa-Whyte, et le vice-président d'IMANI Africa, Bright Simons.
La controverse sur l'automatisation de l'analyse
La tension est montée d'un cran lorsque Michael Kpessa-Whyte a suggéré que les critiques formulées par Bright Simons étaient le fruit d'une génération par IA, affirmant que ces dernières s'appuyaient sur des chiffres obsolètes plutôt que sur le contenu réel du rapport. En réponse, Bright Simons a qualifié ces allégations d'offensantes. Il a précisé que son équipe utilise des outils techniques, tels que Tabula et Excel Power Query, uniquement pour l'extraction et le traitement de données complexes, réfutant toute délégation de son jugement professionnel à des algorithmes.
Des failles techniques persistantes
Pour Bright Simons, le débat sur l'usage des outils numériques occulte les problèmes de fond soulevés par son analyse. Il pointe notamment des incohérences majeures dans les chiffres présentés par la SIGA. Selon lui, certains coûts ont été répétés à l'identique sur une période de treize ans, une pratique qui, selon l'analyste, rend les ratios financiers globaux totalement peu fiables. Il souligne que cette répétition suggère un simple copier-coller de données plutôt qu'un travail de consolidation rigoureux.
L'exigence de transparence sur la consolidation
Au-delà des erreurs de saisie, le vice-président d'IMANI Africa a mis en cause la méthodologie de la SIGA concernant le traitement des gains de change et la consolidation des transactions entre entités. Il soutient que l'absence de réconciliation adéquate des comptes invalide les conclusions financières du rapport. Alors que la SIGA privilégie la défense de son processus de production, Bright Simons maintient que l'institution n'a toujours pas apporté de réponses techniques précises aux erreurs identifiées, préférant déplacer le débat sur la forme plutôt que sur le fond des enjeux de gouvernance publique.