Le pasteur Kingsley Okonkwo, figure influente du David’s Christian Centre, fait face à une controverse numérique après le lancement de « Mentor To Marry », une plateforme de rencontre destinée aux célibataires chrétiens. Si l'initiative se présente comme une réponse à la « commercialisation » des relations amoureuses, le coût élevé de ses abonnements, atteignant 700 000 nairas par an, cristallise les critiques sur l'accessibilité financière de ces services.
Un modèle économique au cœur de la polémique
Le pasteur Okonkwo justifie la création de cette plateforme par la nécessité de protéger les hommes contre les attentes financières démesurées, qu'il qualifie de « commercialisation » des relations. Selon lui, les exigences matérielles croissantes — loyers, frais de scolarité, transports — entravent la formation de couples authentiques. Pourtant, la structure tarifaire de son service, divisée en plusieurs niveaux (Standard, Premium et VIP), est perçue par de nombreux internautes comme une contradiction directe avec son discours dénonçant l'argent dans le couple.
Un processus de sélection rigoureux
Contrairement aux applications de rencontre conventionnelles, « Mentor To Marry » impose un parcours structuré de huit semaines. Ce processus inclut des cours de mentorat, des évaluations personnelles et des séances de réflexion guidée avant toute mise en relation. La plateforme précise toutefois que le paiement de l'adhésion ne garantit aucunement la réussite d'une rencontre ou la conclusion d'un mariage. Des règles strictes encadrent également l'usage du service, interdisant explicitement le harcèlement, la fraude et les contenus inappropriés.
La fracture entre foi et accessibilité
Sur les réseaux sociaux, les critiques soulignent le paradoxe d'un service religieux dont le coût d'entrée semble exclure une large partie de la population. Certains observateurs comparent la démarche à une forme de marchandisation des relations, s'interrogeant sur la pertinence de demander une somme aussi importante à des individus en quête de partenaires « pieux ». Si une option communautaire gratuite est disponible pour ceux qui ne souhaitent pas s'engager financièrement, le débat reste vif sur la place de l'argent dans les dynamiques relationnelles au sein de la société nigériane contemporaine.