La bourse de cryptomonnaies Bitget a été frappée par un piratage massif le 24 septembre 2026, entraînant la perte de 351,6 millions de dollars. Face à cette brèche de sécurité, la plateforme a immédiatement suspendu les retraits pour ses 120 millions d'utilisateurs, plongeant le secteur dans une nouvelle phase d'incertitude.
Une faille dans les portefeuilles chauds
L'incident a ciblé spécifiquement les portefeuilles dits « chauds » de la plateforme, des interfaces connectées au réseau permettant les transactions courantes. Si Bitget assure que ses portefeuilles « froids » — qui conservent les clés privées hors ligne — ainsi que la majorité des actifs des clients restent sécurisés, l'ampleur du vol marque un tournant pour l'année 2026. Il s'agit du piratage le plus important enregistré dans le secteur depuis janvier, dépassant les incidents récents survenus chez Liquid et KelpDAO.
La stratégie d'indemnisation face à la méfiance
Pour tenter de calmer l'inquiétude grandissante de sa clientèle, Bitget a annoncé le recours à son « fonds de protection des utilisateurs ». Ce mécanisme, doté de 5 500 bitcoins évalués à environ 464 millions de dollars, est censé couvrir les pertes subies lors de cette attaque. La direction s'est engagée à reconstituer ce fonds après avoir indemnisé les victimes. Toutefois, cette promesse suscite un scepticisme marqué au sein de la communauté, de nombreux utilisateurs soulignant que la transparence de ce fonds reste, à ce jour, difficile à vérifier de manière indépendante.
Un historique réglementaire sous surveillance
Cet événement survient dans un contexte particulier pour Bitget, une plateforme fondée en 2018 et présente à l'international. En 2023, l'entreprise avait été placée sur la liste noire de l'Autorité des marchés financiers (AMF) en France pour défaut d'enregistrement réglementaire. Bien que l'institution ait retiré la société de cette liste en juillet 2026, ce piratage remet en lumière les enjeux de sécurité et de conformité auxquels sont confrontés les acteurs majeurs du marché des actifs numériques. La suspension prolongée des retraits, justifiée par l'enquête en cours, reste le point de tension principal pour les investisseurs dont les fonds sont actuellement bloqués.