La professeure Rabia Sa’id, physicienne à l’Université Bayero de Kano, a été nommée par le Secrétaire général des Nations Unies au sein d’un panel scientifique de haut niveau. Cette instance de 21 experts internationaux est chargée d’évaluer les conséquences physiques et sociétales d’une éventuelle guerre nucléaire, afin d’orienter les politiques mondiales de sécurité et de prévention.
Une expertise nigériane au service de la sécurité mondiale
La nomination de la professeure Sa’id, spécialiste de la physique atmosphérique et des questions de non-prolifération, marque une étape significative pour la diplomatie scientifique nigériane. Bien que siégeant à titre individuel, sa présence au sein de ce groupe d'experts permet au Nigeria, signataire du Traité sur l'interdiction des armes nucléaires, de participer activement à la réflexion sur les risques existentiels. Les travaux du panel, qui seront présentés à l'Assemblée générale des Nations Unies, visent à anticiper les impacts climatiques, agricoles et sanitaires d'un conflit nucléaire, une démarche jugée cruciale face aux tensions géopolitiques actuelles.
Renforcer les protocoles de sécurité nucléaire au Nigeria
Au-delà de l'enjeu sécuritaire mondial, cette participation offre au Nigeria des perspectives concrètes pour son propre développement énergétique. La professeure Sa’id souligne que les recherches du panel permettront de consolider les protocoles de sécurité pour l'usage civil de l'énergie nucléaire. Le pays, qui dispose déjà d'un réacteur de recherche opérationnel à l'Université Ahmadu Bello, pourrait s'appuyer sur ces standards internationaux pour lever les freins liés aux craintes publiques et sécuritaires, favorisant ainsi une transition vers une énergie stable et décarbonée.
Un levier pour l'inclusion des femmes dans les STEM
Pionnière dans le département de physique de son université, Rabia Sa’id voit également dans cette nomination une opportunité de renforcer la place des femmes dans les disciplines scientifiques en Afrique. Le panel onusien constitue un réseau d'influence et de collaboration internationale qu'elle entend mobiliser pour ses étudiantes et ses consœurs nigérianes. En brisant les barrières institutionnelles par une candidature autonome retenue sur la base de l'excellence, elle espère inspirer une nouvelle génération de chercheuses à s'imposer dans les instances de décision mondiales.
Un processus de sélection fondé sur l'excellence scientifique
La nomination de la professeure Sa’id est le fruit d'une démarche personnelle rigoureuse. Après avoir répondu à un appel à candidatures ouvert, elle a été sélectionnée parmi des experts de renommée mondiale, incluant des représentants de l'AIEA et de l'OMS. Depuis son inauguration à New York, le panel a multiplié les sessions de travail, notamment à Vienne, avec pour objectif final la remise d'un rapport complet en 2027. Ce calendrier souligne l'ampleur des travaux d'anticipation nécessaires pour préparer la communauté internationale à des scénarios de crise complexes.