Les cours du pétrole s'inscrivent pour une deuxième semaine consécutive de hausse, portés par les tensions persistantes liées au conflit entre les États-Unis et l'Iran. Cette instabilité prolongée au Moyen-Orient entrave l'approvisionnement mondial et fait craindre une raréfaction durable de l'offre en provenance des principaux pays producteurs de la région.
Une dynamique de marché sous tension
Le marché pétrolier réagit vivement à l'enlisement du conflit, qui a débuté le 28 février dernier suite aux frappes américaines et israéliennes sur l'Iran. Sur les cinq derniers jours, le cours du Brent a progressé de plus de 7 %, atteignant 93,82 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) a enregistré une hausse supérieure à 8 %, s'établissant à 86,78 dollars. Ces niveaux de prix n'avaient pas été observés depuis la fin du mois de juillet, reflétant l'inquiétude croissante des investisseurs face à la menace d'une réduction prolongée des exportations de pays clés tels que l'Arabie saoudite, l'Irak, les Émirats arabes unis et le Koweït.
Le blocage stratégique du détroit d'Ormuz
L'un des enjeux majeurs pour l'économie mondiale demeure le blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran, couplé aux attaques visant des infrastructures énergétiques régionales. Le trafic maritime dans ce passage stratégique, par lequel transitait historiquement environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole, reste extrêmement réduit. Mercredi dernier, seuls neuf navires ont transité par cette voie, un volume bien inférieur aux niveaux constatés avant le déclenchement des hostilités.
Conséquences diplomatiques et économiques
La situation s'est encore complexifiée avec l'expiration d'un accord de paix sans aucune perspective de reprise des négociations. L'administration américaine a durci le ton, le président Donald Trump menaçant d'une « guerre économique » et d'un isolement sans précédent tout pays apportant un soutien à l'Iran. Cette pression diplomatique se traduit déjà concrètement sur le terrain : les Émirats arabes unis ont officiellement suspendu l'ensemble de leurs transactions financières et économiques avec Téhéran. Alors que les deux camps semblent figés dans leurs positions, les analystes soulignent que le marché pétrolier pourrait continuer de subir une pression haussière constante tant que l'incertitude sur les flux d'approvisionnement persistera.