Le Ghana se trouve à un tournant critique face à la prolifération de l'orpaillage illégal, communément appelé « galamsey ». La ministre de l'Environnement, de la Science et de la Technologie, Dr Zanetor Agyeman-Rawlings, a alerté sur les risques sécuritaires majeurs que cette activité fait peser sur le pays, notamment en raison de ses liens présumés avec le financement de l'extrémisme violent dans la région du Sahel.
Un risque de financement du terrorisme
Lors d'une conférence nationale réunissant les responsables des collectivités locales à Kumasi, la ministre a souligné que les revenus issus de l'exploitation minière illicite alimentent directement les réseaux terroristes sahéliens. Cette connexion place le Ghana dans une position vulnérable, où l'inaction face à ce fléau pourrait être interprétée comme une complicité tacite avec les groupes armés qui déstabilisent les pays voisins. Pour les autorités, il est impératif de briser ces circuits financiers pour préserver la stabilité nationale.
Tensions diplomatiques et gestion des ressources hydriques
Au-delà de la menace terroriste, l'orpaillage illégal fragilise les relations diplomatiques du Ghana avec ses voisins, particulièrement la Côte d'Ivoire. La pollution des fleuves Tano et Bia, dont les eaux contaminées traversent les frontières, constitue un point de friction majeur. La ministre a rappelé que la gestion des ressources en eau n'est pas seulement un défi environnemental interne, mais une question de sécurité régionale qui exige une coopération transfrontalière rigoureuse et une responsabilité accrue de l'État.
La décentralisation comme rempart démocratique
Dr Agyeman-Rawlings a insisté sur le rôle crucial des autorités locales, qu'elle considère comme les piliers de la République. La lutte contre le « galamsey » ne peut être efficace sans une implication directe des Metropolitan, Municipal and District Chief Executives (MMDCEs). L'érosion des écosystèmes, la destruction des réserves forestières et l'atteinte à la sécurité alimentaire sont présentées comme des menaces existentielles pour les générations futures. La ministre exhorte ainsi à une action immédiate pour éviter de sacrifier les secteurs agricoles et hydriques au profit d'une exploitation minière incontrôlée qui met en péril les fondements mêmes de la démocratie ghanéenne.