La persistance de la diphtérie au Nigeria souligne les failles critiques du système de vaccination de routine

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 33 lectures
La persistance de la diphtérie au Nigeria souligne les failles critiques du système de vaccination de routine

La résurgence persistante de la diphtérie au Nigeria révèle une fragilité structurelle préoccupante des systèmes de santé publique. Malgré les efforts de réponse d'urgence, le bilan humain s'alourdit, rappelant l'urgence de restaurer une couverture vaccinale systématique pour protéger les populations les plus vulnérables.

Un bilan épidémiologique alarmant

Depuis le début de l'épidémie en 2022, le Nigeria a enregistré 65 759 cas suspects et 2 229 décès à la date du 22 mars 2026. L'année 2026 marque une accélération préoccupante avec plus de 10 000 cas confirmés. L'État de Kano demeure l'épicentre de la crise, totalisant à lui seul 32 633 cas confirmés et 1 747 décès depuis le début de la propagation. La maladie, causée par la bactérie Corynebacterium diphtheriae, touche désormais de nouveaux territoires, incluant le Territoire de la capitale fédérale (FCT), soulignant une diffusion géographique difficile à endiguer.

La vulnérabilité des populations non vaccinées

La dangerosité de cette pathologie, qui peut entraîner des complications cardiaques et neurologiques graves, est exacerbée par les lacunes de la couverture vaccinale. Les données du Centre nigérian de contrôle et de prévention des maladies (NCDC) indiquent que seulement 14,3 % des cas confirmés avaient reçu un schéma vaccinal complet. Les enfants vivant dans des zones surpeuplées, les camps de déplacés internes ou les communautés nomades sont les plus exposés. Cette situation n'est pas isolée : le Nigeria figure parmi les huit pays africains ayant signalé des foyers de diphtérie depuis 2025, illustrant une problématique continentale liée à l'accumulation de populations non immunisées.

Vers une refonte de la stratégie vaccinale

Si les campagnes d'urgence menées par le gouvernement fédéral et ses partenaires permettent de gérer les cas immédiats, elles ne constituent pas une solution pérenne. L'enjeu pour les autorités sanitaires est désormais de passer d'une logique de réaction ponctuelle à une consolidation du système de santé primaire. Cela implique une identification rigoureuse des enfants n'ayant reçu aucune dose, le renforcement des centres de santé locaux en antitoxines et antibiotiques, ainsi qu'un travail de proximité avec les leaders communautaires et religieux pour restaurer la confiance envers la vaccination. La pérennisation de la santé publique nigériane dépendra de la capacité du pays à reconstruire un maillage vaccinal robuste, capable de prévenir les futures épidémies avant qu'elles ne deviennent incontrôlables.

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