La part des salariés rémunérés au Smic en France repasse sous la barre des 12 %

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 3 lectures
La part des salariés rémunérés au Smic en France repasse sous la barre des 12 %

La proportion de salariés du secteur privé rémunérés au salaire minimum a reculé à 11,8 % au 1er janvier 2026, touchant 2,1 millions de travailleurs. Cette tendance à la baisse, observée depuis le pic de 17,3 % atteint début 2023, témoigne d'une dynamique de rattrapage salarial au sein des entreprises et d'une stabilisation relative de l'inflation.

Le ralentissement de l'inflation comme moteur

La diminution du nombre de bénéficiaires des revalorisations automatiques du Smic s'explique en grande partie par la décélération de la hausse des prix. Alors que la période 2022-2023 avait été marquée par une poussée inflationniste nécessitant des ajustements fréquents du salaire minimum, le rythme s'est modéré entre 2024 et début 2026. Parallèlement, les négociations salariales menées au sein des branches professionnelles et des entreprises ont permis à une partie des effectifs de s'extraire du seuil minimal, réduisant ainsi la dépendance mécanique aux indexations légales.

Une précarité persistante pour certains profils

Malgré cette tendance globale à la baisse, la structure des bénéficiaires du Smic révèle des disparités marquées. Les salariés à temps partiel demeurent particulièrement exposés, avec 25,6 % d'entre eux concernés par la revalorisation, contre 8,8 % pour les travailleurs à temps complet. La taille de l'entreprise joue également un rôle déterminant : les très petites structures, comptant moins de 10 salariés, concentrent 21,9 % des bénéficiaires. Enfin, les femmes restent surreprésentées parmi les bas salaires, constituant près de 60 % des personnes ayant profité de la hausse du 1er janvier.

Disparités sectorielles marquées

L'analyse par secteur d'activité met en lumière des zones de forte concentration de bas salaires. Le commerce, notamment alimentaire, affiche une proportion de 31,7 % de salariés rémunérés au Smic. Le secteur de la restauration rapide se distingue par une situation plus critique, où 62,3 % des effectifs sont directement impactés par les revalorisations du salaire minimum. Ces chiffres soulignent les défis structurels de certains métiers, où la progression salariale reste étroitement liée aux ajustements légaux plutôt qu'à une dynamique de revalorisation interne propre aux branches.

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