La parité dans les instances dirigeantes mondiales stagne malgré des avancées au sommet des entreprises

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 6 lectures
La parité dans les instances dirigeantes mondiales stagne malgré des avancées au sommet des entreprises

Malgré une progression notable de la présence féminine au sommet des hiérarchies d'entreprises, la part globale des femmes occupant des postes de direction plafonne à 30,5 % dans le monde. Cette dynamique contrastée, mise en lumière par l'Organisation internationale du travail (OIT), révèle une fragilisation du vivier de talents féminins au sein des échelons intermédiaires, compromettant ainsi la pérennité de cette ascension vers les hautes responsabilités.

Une dynamique de progression inégale

Les données de l'OIT soulignent une évolution à deux vitesses. Si la proportion d'entreprises dirigées par des femmes a progressé, passant de 23,4 % en 2013 à 28,2 % en 2025, la percée est encore plus marquée au niveau des conseils d'administration, où le taux de présidences féminines a plus que doublé, atteignant 30,9 %. Toutefois, cette tendance positive au sommet masque un recul préoccupant de la représentation des femmes dans les fonctions de management débutant et intermédiaire. Cette érosion à la base de la pyramide managériale réduit mécaniquement les opportunités de promotion interne vers les postes de direction stratégique.

Le paradoxe des politiques d'égalité

Le rapport pointe une contradiction majeure : alors que les entreprises reconnaissent de plus en plus les bénéfices économiques de la diversité, l'application concrète des politiques d'égalité marque le pas. La part des sociétés déclarant mettre en œuvre des initiatives spécifiques en faveur de l'égalité est tombée à 26,5 % en 2025, contre 37,4 % en 2018. Ce désengagement survient pourtant dans un contexte où 68,5 % des employeurs interrogés confirment des retombées positives sur leur activité, près de 87,4 % d'entre eux notant une hausse de leurs bénéfices d'au moins 5 % suite à la promotion des femmes.

Les freins structurels à l'avancement

Avec une représentation féminine dans les postes de direction qui n'a progressé que d'environ 6 points en trente ans, l'OIT insiste sur la nécessité de lever les obstacles structurels. Jae-Hee Chang, spécialiste de l'organisation, souligne que le déséquilibre persistant dans la répartition des responsabilités familiales demeure l'un des freins majeurs à l'évolution de carrière des femmes. Pour l'OIT, l'enjeu est désormais d'intégrer ces réalités sociales dans les politiques d'entreprise pour garantir une progression durable et équitable, faute de quoi le plafond de verre pourrait se renforcer durablement.

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