L'instauration d'une taxe européenne de trois euros sur les petits colis importés porte ses premiers fruits. À l'aéroport de Liège, plaque tournante logistique majeure, le volume des envois en provenance de plateformes comme Shein ou Temu a chuté de 53 % en juillet dernier.
Cette mesure, entrée en vigueur le 1er juillet, cible les paquets d'une valeur inférieure à 150 euros. Elle marque un tournant dans la régulation du commerce électronique transfrontalier, visant à rétablir une forme d'équilibre face à une concurrence jugée déloyale par les acteurs économiques européens.
Un frein efficace aux importations massives
L'impact de la nouvelle taxe est immédiat. Alors qu'en 2025, le marché européen recevait près de 180 colis par seconde — soit un volume quatre fois supérieur à celui de 2022, dont 93 % provenaient de Chine — la tendance s'inverse. Les autorités douanières belges observent non seulement une baisse drastique des flux, mais aussi une mutation des habitudes de consommation : la valeur moyenne des marchandises importées a presque doublé, dépassant désormais les 10 euros par colis.
Sécuriser le marché intérieur et les consommateurs
Au-delà de l'aspect fiscal, cette taxe répond à des enjeux de sécurité publique et de conformité. Les ministres belges de l'Économie et des Finances, David Clarinval et Jan Jambon, soulignent que cette régulation renforce la capacité des douanes à filtrer les produits dangereux, non conformes aux normes européennes ou contrefaits. Auparavant, ces petits colis bénéficiaient d'une exonération totale de droits de douane, créant une faille exploitée par les plateformes asiatiques pour inonder le marché européen.
Vers une harmonisation des pratiques douanières
Si les données consolidées à l'échelle de l'Union européenne restent à établir, les chiffres de la douane belge confirment une tendance observée dans d'autres États membres. En France, les importations de petits colis auraient diminué de 30 à 40 % depuis l'entrée en vigueur de la mesure. Cette dynamique s'inscrit dans un mouvement plus large de protectionnisme réglementaire, alors que d'autres puissances économiques, à l'instar des États-Unis, envisagent également de taxer ces flux pour protéger leurs industries locales et capter des recettes fiscales significatives.