La nomination d'Afi Agbenyo au poste de vice-présidente de la Commission électorale (EC) du Ghana fait l'objet de vives critiques. Si le président John Mahama a publiquement appelé à l'impartialité des nouveaux dirigeants de l'institution, la justification avancée par certains cercles officiels, évoquant une volonté de « rééquilibrage politique », fragilise la perception d'indépendance de l'organe électoral.
Le paradoxe de l'impartialité affichée
L'avocate d'affaires Victoria Bright a souligné une contradiction majeure dans la communication gouvernementale. Alors que le président Mahama insiste sur la nécessité pour les nouveaux commissaires de ne favoriser ni son administration ni son parti, le National Democratic Congress (NDC), l'argumentaire justifiant la nomination d'Afi Agbenyo par un besoin de « rééquilibrage » sème le doute. Pour Mme Bright, cette dissonance crée un message trouble : il est impossible de garantir une neutralité absolue tout en revendiquant une influence partisane dans le choix des profils.
Un poids inutile pour les nouveaux commissaires
Cette rhétorique politique impose, selon l'avocate, un fardeau injustifié aux personnes nommées. En liant leur arrivée à une logique de balance politique, le gouvernement expose par avance les décisions futures de la Commission à un examen biaisé de la part du public. Même si les compétences professionnelles d'Afi Agbenyo, notamment son expérience au sein de l'agence de développement allemande GIZ, sont reconnues, le contexte de sa nomination risque de faire interpréter chaque acte de la Commission sous le prisme de motivations partisanes, entravant ainsi la confiance des citoyens.
Vers une réforme du processus de nomination
Face à cette controverse, Victoria Bright appelle à une réflexion sur le rôle du Conseil d'État dans le processus de sélection. Elle s'interroge sur les critères réels d'évaluation des candidats, notamment la transparence concernant leurs activités politiques passées. L'enjeu est de taille : si le gouvernement estime que les nominations précédentes ont affaibli l'indépendance de l'EC, il doit renforcer les garde-fous plutôt que de reproduire des schémas d'influence politique.
Exigence de transparence institutionnelle
Pour éviter que ces débats ne deviennent récurrents, l'experte préconise une évolution structurelle : la publication systématique des critères de sélection. Une plus grande transparence permettrait de dépolitiser les nominations et d'asseoir la légitimité des commissaires sur des standards objectifs. En clarifiant les modalités de recrutement, les autorités pourraient transformer cette polémique en une opportunité de renforcer durablement la crédibilité de l'institution électorale ghanéenne.