Des chercheurs américains, soutenus par la NASA, ont mis au point une méthode innovante permettant de transformer des déchets plastiques en nutriments essentiels. Ce projet, conçu pour répondre aux défis logistiques des missions spatiales prolongées, ouvre des perspectives inédites pour l'autonomie alimentaire en milieu extrême.
Le processus de conversion biologique
L'équipe dirigée par le microbiologiste Lahiru Jayakody, de l'université du Sud de l'Illinois, exploite la composition carbonée commune aux polymères plastiques et aux matières organiques. Le procédé utilise du polyéthylène téréphtalate (PET), issu notamment de bouteilles d'eau, qui est décomposé sous haute pression et température. Ces molécules servent ensuite de substrat à des levures génétiquement modifiées, capables de synthétiser des protéines et des lipides. Le produit final, enrichi en amidon, est mis en forme par impression 3D, tandis que des arômes sont générés à partir de biomasse végétale.
Défis techniques et sécurité sanitaire
Bien que la technologie soit fonctionnelle en laboratoire, sa mise en œuvre réelle reste soumise à des étapes de validation rigoureuses. À ce jour, les chercheurs n'ont pas encore obtenu les autorisations nécessaires pour procéder à des essais de consommation humaine. Parallèlement, l'optimisation économique constitue un enjeu majeur : le coût de production actuel s'élève à environ 60 dollars par kilogramme. L'amélioration de l'efficacité des souches de levures est donc la priorité des scientifiques pour rendre cette solution viable.
Applications pour l'exploration spatiale et terrestre
Ce projet s'inscrit dans le cadre du Deep Space Food Challenge de la NASA, une initiative visant à garantir la survie des équipages lors de voyages vers Mars, dont la durée totale peut atteindre trois ans. La capacité à recycler les déchets en ressources vitales est cruciale pour limiter le poids des cargaisons au départ de la Terre. Au-delà du secteur spatial, cette technologie pourrait trouver des applications terrestres dans des contextes isolés ou précaires, tels que les zones sinistrées ou les environnements confinés comme les sous-marins, où l'approvisionnement en nourriture fraîche est complexe.