La NAFDAC alerte sur les limites de son contrôle face aux produits alimentaires non conditionnés au Nigeria

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 55 lectures
La NAFDAC alerte sur les limites de son contrôle face aux produits alimentaires non conditionnés au Nigeria

L'Agence nationale pour le contrôle des aliments et des médicaments (NAFDAC) au Nigeria a récemment clarifié l'étendue de son mandat face à la prolifération de produits alimentaires non transformés vendus sur les marchés ouverts. Si l'agence intensifie ses efforts contre la contrefaçon, elle souligne l'absence de supervision directe sur des denrées traditionnelles comme l'huile de palme en vrac ou le fufu, souvent exposées à des risques d'adultération chimique.

Une zone grise réglementaire pour les produits traditionnels

La directrice générale de la NAFDAC, le professeur Mojisola Adeyeye, a précisé que le cadre légal de l'agence se concentre principalement sur les produits transformés et conditionnés. Cette mission inclut l'inspection des établissements, l'analyse en laboratoire et la surveillance post-marché. En revanche, les produits vendus sans marque ni emballage industriel dans les marchés locaux échappent à cette surveillance directe. Cette situation pose un défi majeur de santé publique, notamment face à l'utilisation avérée de colorants azoïques dans l'huile de palme ou de produits de blanchiment chimique dans la préparation du fufu, des pratiques dangereuses pour les consommateurs.

Appel à une action décentralisée

Face à ces limites structurelles, la NAFDAC exhorte les autorités infranationales et les gouvernements locaux à prendre le relais. L'agence estime que le renforcement de la surveillance et de l'application des lois au niveau des marchés de proximité est indispensable pour endiguer la vente de produits frelatés. Cette coordination est d'autant plus nécessaire que la NAFDAC ne peut, seule, couvrir l'ensemble des circuits de distribution informels du pays.

La nécessité d'une approche scientifique contre les rumeurs

L'agence a par ailleurs souligné l'importance de distinguer les alertes fondées des simples rumeurs circulant sur les réseaux sociaux. Avec plus de 200 plaintes reçues chaque mois, la NAFDAC insiste sur le fait que seules des analyses scientifiques rigoureuses permettent de confirmer la dangerosité d'un produit. Le professeur Adeyeye a invité les citoyens à utiliser les canaux de signalement officiels plutôt que de se fier aux récits émotionnels en ligne, rappelant que la lutte contre les produits contrefaits nécessite une collaboration étroite entre les institutions et les populations.

Coordination inter-agences pour les produits importés

La question de la sécurité sanitaire s'étend également aux produits agricoles importés, tels que les fruits, dont la régulation est partagée avec le Service nigérian de quarantaine agricole (NAQS). La NAFDAC rappelle que la politique nationale de sécurité sanitaire des aliments, mise à jour en 2023, offre un cadre pour une meilleure synergie entre ces organismes. Cette collaboration est jugée essentielle pour contrôler, entre autres, l'usage illicite de produits chimiques comme le carbure de calcium pour le mûrissement artificiel des fruits, une pratique que l'agence combat activement depuis 2018.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.