La mort de Dora Eboa révèle l’urgence de protéger les journalistes camerounais

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 24 lectures
La mort de Dora Eboa révèle l’urgence de protéger les journalistes camerounais

La disparition de Dora Eboa, journaliste camerounaise décédée à Dakar le 31 août 2026, dépasse le cadre d’un drame personnel pour devenir un symbole des dangers encourus par les professionnels des médias dans son pays. Vincent Sosthène Fouda, intellectuel et proche de la victime, en fait le révélateur d’une société camerounaise où l’impunité et l’indifférence menacent ceux qui osent dire la vérité.

Une vie dédiée à la vérité, payée au prix fort

Dora Eboa, connue pour son engagement et sa ténacité, incarnait l’idéal du journalisme selon Albert Londres : « porter la plume dans la plaie ». Son travail, marqué par une fidélité sans faille à la vérité, lui a valu une reconnaissance unanime, mais aussi des risques qu’elle a assumés jusqu’au bout. Dans sa tribune posthume, Vincent Sosthène Fouda souligne que sa mort n’est pas un hasard, mais le résultat d’un environnement où la violence contre les journalistes reste trop souvent impunie. « Elle a payé cher cette fidélité à la vérité », rappelle-t-il, en écho aux mots de Kapuściński : « Le vrai journaliste est celui qui ne reste jamais indifférent. »

Un appel à l’assainissement de l’espace public

Pour Vincent Sosthène Fouda, la disparition de Dora Eboa doit servir de catalyseur pour des changements structurels. Il exige des autorités camerounaises qu’elles « assainissent l’espace public », protègent les vulnérables et garantissent que la violence ne soit plus une fatalité. Cette exigence s’inscrit dans un contexte où les journalistes camerounais, comme ailleurs en Afrique, sont régulièrement exposés à des menaces, des intimidations, voire des agressions physiques. La tribune appelle à transformer la douleur collective en action : vigilance, solidarité et protection des jeunes femmes journalistes, souvent plus exposées.

Mémoire et dignité : refuser l’instrumentalisation

Au-delà de l’hommage rendu à Dora Eboa, Vincent Sosthène Fouda insiste sur la nécessité de préserver sa mémoire de toute récupération politique ou médiatique. « Elle mérite que son nom ne soit plus instrumentalisé. Elle mérite que sa mémoire devienne un appel, non un prétexte », écrit-il. Il rejette toute forme de haine, citant Aimé Césaire pour rappeler que la colère ne ramène pas les morts, mais que la lucidité peut encore sauver les vivants. Son message s’adresse aussi aux proches de la journaliste, dont la douleur doit se transformer en engagement pour protéger celles qui restent.

Un héritage à faire vivre

Dora Eboa laisse derrière elle un vide, mais aussi une responsabilité : celle de faire en sorte que sa mort ne soit pas vaine. Vincent Sosthène Fouda conclut en appelant à un silence respectueux, à la dignité et à la vérité. « Qu’elle repose enfin. Et que nous, les vivants, apprenions à protéger celles qui restent. » Son appel résonne comme un défi pour le Cameroun et au-delà : celui de garantir que le journalisme puisse s’exercer sans crainte, dans un environnement où la liberté de la presse n’est pas un luxe, mais un pilier de la démocratie.

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