La progression des forces fédérales éthiopiennes vers la frontière érythréenne ravive les craintes d'un conflit ouvert entre les deux nations voisines. Alors que les accusations d'agression mutuelle se multiplient, l'Érythrée a officiellement saisi le Conseil de sécurité de l'ONU pour dénoncer une menace directe sur la stabilité régionale.
Progression militaire vers la frontière
Le 11 octobre, les forces fédérales éthiopiennes, appuyées par leurs alliés locaux, ont repris le contrôle de la ville d'Adigrat, située à seulement 40 kilomètres de la frontière érythréenne. Cette avancée s'inscrit dans une dynamique de reconquête territoriale entamée deux semaines plus tôt avec la reprise de Mekele. La présence de troupes érythréennes dans la zone, estimée entre 5 000 et 8 000 soldats, est au cœur des tensions, ces unités ayant entamé un repli vers le nord après avoir subi des frappes de drones le 8 octobre.
La bataille diplomatique aux Nations unies
Face à cette escalade, le ministre érythréen des Affaires étrangères, Osman Saleh, a adressé une requête formelle au Conseil de sécurité des Nations unies. Asmara qualifie les récentes actions éthiopiennes de « déclaration de guerre » et exhorte l'instance internationale à adopter des mesures dissuasives. Pour le gouvernement érythréen, ces manœuvres visent à justifier une agression délibérée, tout en soulignant les conséquences humanitaires potentiellement désastreuses pour les populations civiles des deux pays.
L'argument de la légitime défense
De son côté, Addis-Abeba maintient une position ferme, invoquant son droit inhérent à la légitime défense. Le 9 octobre, les autorités éthiopiennes ont officiellement accusé l'Érythrée d'incursions sur leur territoire, qualifiant la situation d'agression flagrante. Ce narratif de défense nationale sert de socle à la poursuite des opérations militaires en cours dans la région du Tigré.
Alerte sur la sécurité des ressortissants étrangers
L'incertitude sécuritaire dans la zone frontalière a poussé plusieurs chancelleries à réagir. L'ambassade des États-Unis en Érythrée a émis, dès le 9 octobre, une alerte de sécurité signalant des combats actifs à proximité de la frontière. Les autorités américaines ont ainsi exhorté leurs ressortissants présents dans le pays à élaborer des plans d'évacuation immédiats, témoignant de la volatilité extrême de la situation sur le terrain.