Le traitement judiciaire et social de la parole des enfants victimes de violences sexuelles est au cœur d'une contestation citoyenne d'ampleur en France. Porté par l'affaire Lyhanna, ce mouvement exige une refonte des politiques publiques pour garantir une protection effective des mineurs et une meilleure écoute de leur témoignage.
Une mobilisation nationale pour une loi-cadre
Depuis le mois de juin 2026, la colère monte face à ce que les associations qualifient d'inaction politique et judiciaire. Sous l'impulsion de personnalités comme l'actrice et réalisatrice Andréa Bescond, des manifestations ont été organisées devant le ministère de la Justice à Paris ainsi que devant de nombreux tribunaux à travers le pays. Ces rassemblements réclament l'adoption d'une « loi-cadre intégrale » visant à renforcer l'arsenal législatif contre les violences sexuelles faites aux enfants, marquant une volonté de transformer l'indignation en changement structurel.
La remise en cause de l'inaction institutionnelle
La défiance envers les mécanismes actuels de protection est alimentée par le sentiment que la parole des mineurs reste inaudible au sein des institutions. L'historienne Véronique Blanchard souligne que cette difficulté à entendre les victimes relève d'un « impensé de la société », où les dynamiques de domination entravent la prise en compte réelle des faits dénoncés. Cette critique rejoint la philosophie portée par le juge Édouard Durand, ancien coprésident de la Ciivise, dont la devise « Je te crois, je te protège » est devenue le mot d'ordre des manifestants.
La poursuite de l'engagement citoyen
La mobilisation a franchi une nouvelle étape avec l'appel à une grève générale lancé pour le 7 septembre 2026. Ce mouvement social, qui fait suite aux manifestations estivales, témoigne de la détermination des associations et des citoyens à maintenir la pression sur les pouvoirs publics. L'enjeu dépasse le cadre de l'affaire Lyhanna pour interroger la capacité de l'État à garantir la sécurité des enfants et à placer la protection de l'enfance au rang des priorités politiques nationales.