La Michael and Cecilia Ibru University (MCIU), située dans l'État du Delta au Nigeria, a officiellement demandé à son Pro-Chancelier, Anthony Kila, de se mettre en retrait de ses fonctions. Cette décision intervient dans un contexte de vive controverse concernant la validité de ses titres académiques, l'institution cherchant à préserver sa crédibilité auprès de ses étudiants et des régulateurs.
Une suspension pour préserver l'intégrité institutionnelle
L'annonce de la mise à l'écart d'Anthony Kila fait suite à la publication d'une enquête journalistique remettant en cause son statut de professeur. La direction de l'université a précisé que cette mesure conservatoire est nécessaire pour garantir la transparence et le respect des normes de gouvernance au sein de l'établissement. Dans l'attente des conclusions d'une enquête interne, l'université a également procédé au retrait du profil et des photographies de M. Kila de son site internet officiel, où il figurait jusqu'alors aux côtés des plus hautes autorités de l'institution.
Des zones d'ombre sur le parcours académique
Les investigations pointent l'absence de preuves tangibles concernant l'obtention du titre de professeur par M. Kila. Bien que ce dernier ait affirmé avoir été nommé « Jean Monnet Professor of Strategy and Development » en 2016 par le European Centre for Advanced and Professional Studies (ECAPS), aucune trace de cette entité n'a été relevée dans les registres officiels au Royaume-Uni ou au Nigeria. Par ailleurs, les instances gérant le programme Jean Monnet de l'Union européenne n'ont pas confirmé son implication en tant que coordinateur de projet. Face à ces éléments, M. Kila a rejeté les accusations, affirmant maintenir la validité de ses titres, sans toutefois produire publiquement les documents justificatifs demandés.
Une enquête élargie aux autorités de régulation
Au-delà de la procédure interne engagée par l'université, l'affaire prend une dimension judiciaire. La Commission indépendante contre les pratiques de corruption et autres infractions connexes (ICPC) a constitué une équipe dédiée pour mener ses propres investigations. L'enjeu pour les autorités est de déterminer si l'université a pu être induite en erreur par la présentation de ces titres, et si cette situation a eu des conséquences sur le fonctionnement ou la réputation de l'institution. La MCIU n'a pas communiqué de calendrier précis concernant la durée de ses investigations internes.