La perspective de la démolition de la mosquée Masjid Quds, située dans le quartier de Niarry Tally à Dakar, provoque une mobilisation citoyenne et politique. Sommé par la mairie de Grand-Dakar de libérer les lieux avant le 19 septembre 2026, le collectif des fidèles conteste l'argument officiel liant cette éviction à l'organisation des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ).
Un ancrage communautaire vieux de cinquante ans
Pour les responsables religieux, Masjid Quds représente bien plus qu'un simple lieu de prière. Établi depuis plus de cinq décennies, cet espace est devenu un centre névralgique pour l'éducation islamique, l'apprentissage du Coran et la sensibilisation au civisme auprès de la jeunesse locale. L'imam Abdou Khadre Signaté souligne que le site a accompagné plusieurs générations de riverains, évoluant d'un espace de prière à ciel ouvert vers une structure communautaire structurée, malgré des interruptions de travaux imposées par les autorités par le passé.
Le conflit entre impératifs sportifs et droits des citoyens
La justification avancée par les autorités municipales, qui invoquent les besoins liés aux JOJ pour justifier la libération du foncier, est vivement rejetée par les usagers. Selon l'imam Omar Touré, le remplacement d'un patrimoine religieux par des infrastructures de divertissement est perçu comme une décision arbitraire. Le flou administratif entoure également ce dossier, le chargé des Affaires religieuses de la mairie de Dakar ayant affirmé, selon les responsables de la mosquée, ne pas être informé de cette procédure d'expulsion.
Une mobilisation politique pour la préservation du patrimoine
La députée Seynabou Yacine Samb, présente lors de la conférence de presse organisée par les fidèles, a apporté son soutien à la cause, qualifiant la mosquée de patrimoine communautaire essentiel. La parlementaire a exhorté la municipalité à faire preuve de responsabilité, mettant en garde contre les risques de tensions sociales que pourrait engendrer une décision perçue comme une atteinte aux libertés de culte. Elle plaide pour une conciliation permettant de maintenir les activités religieuses tout en respectant les impératifs de développement urbain, soulignant que la pratique religieuse ne devrait pas être sacrifiée au profit de projets d'aménagement.