La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l'Église du Christ au Congo (ECC) tentent une médiation délicate pour apaiser le climat politique en République démocratique du Congo. Malgré la tenue d'une rencontre inédite entre les représentants du pouvoir, de la Coalition Article 64 et du camp Kabila, les positions des différentes forces politiques demeurent largement inconciliables.
Une table ronde sous haute tension
Le 16 septembre 2026, le Centre interdiocésain a accueilli une confrontation directe entre Patrick Muyaya, porte-parole du pouvoir, Martin Fayulu pour la Coalition Article 64, et Marie-Ange Mushobekwa, représentant les intérêts de l'ancien président Joseph Kabila. Si cette initiative des Églises a permis de réunir ces acteurs autour d'une même table, elle a surtout mis en lumière l'ampleur des fractures. Les désaccords persistent sur des points fondamentaux tels que les préalables à toute discussion, la nature de la médiation et l'ordre du jour même du dialogue envisagé.
La critique d'un dialogue unilatéral
Au-delà de cette rencontre, la démarche présidentielle fait l'objet de vives contestations au sein de la classe politique. Delly Sesanga, président du parti Envol, a qualifié le processus de « soliloque », dénonçant un format qu'il juge unilatéral. Selon lui, cette approche ignore la loi de 2007 relative au statut de l'opposition, qui impose un cadre de dialogue permanent. Pour l'opposant, le respect strict de la Constitution constitue un préalable non négociable, rendant toute autre forme de concertation caduque à ses yeux.
L'agenda législatif au cœur des débats
Parallèlement aux tentatives de médiation, le pouvoir maintient sa trajectoire institutionnelle. L'Assemblée nationale a inscrit à son calendrier de la session de septembre l'examen de la loi organique sur le référendum. Cette proposition, renvoyée par le chef de l'État pour une nouvelle délibération, est confirmée par le président de la chambre basse, Aimé Boji Sangara. Cette volonté législative, perçue par l'opposition comme une manœuvre politique, constitue un point de friction majeur qui pourrait fragiliser davantage les efforts de rapprochement portés par les autorités religieuses.