La Media Foundation for West Africa (MFWA) vient d'annoncer la création d'un fonds d'assistance juridique doté de 544 000 GHS pour soutenir les professionnels des médias au Ghana. Ce dispositif vise spécifiquement à contrer la multiplication des poursuites stratégiques contre la mobilisation publique (SLAPP), utilisées pour intimider les journalistes et entraver leur travail d'intérêt public.
Un rempart contre le harcèlement judiciaire
Le recours aux poursuites bâillons est devenu une préoccupation majeure pour la liberté de la presse au Ghana. Ces procédures, souvent conçues pour épuiser financièrement les rédactions et les journalistes indépendants, constituent une forme de harcèlement judiciaire visant à étouffer les enquêtes critiques. Le nouveau fonds de la MFWA permettra aux journalistes confrontés à des menaces légales ou à des litiges liés à leurs publications d'accéder à une expertise juridique indispensable pour assurer leur défense.
Un programme soutenu par l'Union européenne
Cette initiative s'inscrit dans le cadre plus large de l'African Media Integrity and Resilience Programme (AMIRP), financé par l'Union européenne et déployé au Ghana, en Éthiopie et en République centrafricaine. En collaboration avec DW Akademie et International Media Support (IMS), la MFWA renforce ainsi son action historique en faveur de la sécurité des journalistes. Ce fonds complète les interventions du réseau WANAMDEL, qui mobilise déjà des avocats spécialisés dans la défense des droits des médias à travers l'Afrique de l'Ouest.
Renforcement des capacités et recherche académique
Au-delà de l'assistance juridique, le programme AMIRP déploie un volet pédagogique ambitieux. Dès septembre 2026, soixante acteurs des médias ghanéens seront formés aux cadres réglementaires nationaux et aux standards internationaux de liberté d'expression. Parallèlement, la MFWA prévoit de publier des études de recherche sur les enjeux structurels du secteur, notamment sur la concentration de la propriété des médias, les lacunes législatives en matière de gouvernance et l'amélioration des cursus de formation journalistique. Cinq jeunes femmes journalistes bénéficient également d'un programme de mentorat intensif au sein de la rédaction d'investigation The Fourth Estate pour consolider les standards du journalisme d'intérêt public.