La municipalité de Dakar a officiellement dénoncé les opérations de démolition menées par l'Agence d'exécution des travaux d'intérêt public (Agetip) sur la Corniche Ouest. Les autorités municipales qualifient cette intervention de « coup de force » et contestent la validité juridique du décret d'utilité publique invoqué pour justifier ces travaux en amont des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) 2026.
Un conflit sur la validité juridique des travaux
Au cœur du litige se trouve le décret N° 2021-1055 du 2 août 2021, qui déclarait le site d'utilité publique. La mairie de Dakar soutient que ce texte, assorti d'une validité de trois ans, a expiré le 2 août 2024. Par conséquent, la municipalité considère les actions de l'Agetip comme une « voie de fait intolérable » et a annoncé son intention d'utiliser toutes les voies légales pour contester cette opération, après avoir dépêché un huissier pour constater les dégâts sur le terrain.
L'impact sur les infrastructures sportives
La municipalité rejette la qualification d'« équipements de musculation » attribuée aux structures détruites par l'agence. Elle souligne qu'il s'agit d'infrastructures sportives issues d'un don de la République populaire de Chine, dans le cadre d'une coopération décentralisée. Ces installations faisaient partie d'un plan de réaménagement plus large, incluant l'éclairage public et la rénovation d'un terrain de basket en partenariat avec la Basketball Africa League (BAL), pour lequel la Ville affirme avoir investi plus de 13 milliards de francs CFA.
Désaccords sur la préparation des JOJ 2026
Le Bureau municipal dénonce une stratégie de blocage de la part de l'Agetip. Selon la mairie, quatre emplacements avaient été proposés pour l'installation d'un équipement spécifique dénommé « Dragon », mais l'agence aurait refusé d'examiner ces alternatives malgré des discussions en cours. La municipalité, qui se dit prête à un dialogue avec l'État central, déplore également ce qu'elle qualifie d'arbitrage tendancieux de la part du Premier ministre dans ce dossier qui oppose le patrimoine municipal aux impératifs de l'État.