La lutte contre l'orpaillage illégal au Ghana nécessite une implication accrue des autorités traditionnelles

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 35 lectures
La lutte contre l'orpaillage illégal au Ghana nécessite une implication accrue des autorités traditionnelles

Face à la persistance de l'orpaillage illégal, connu localement sous le nom de « galamsey », le professeur Emmanuel Acheampong de l'Université des sciences et technologies Kwame Nkrumah (KNUST) préconise un changement de paradigme. Il souligne que les stratégies gouvernementales actuelles peinent à endiguer la dégradation des forêts et des cours d'eau, rendant indispensable une collaboration étroite avec les chefs traditionnels.

L'échec des approches centralisées

Le professeur Acheampong, doyen de la faculté des ressources naturelles renouvelables, soutient que l'État ne peut, seul, assumer la charge de la surveillance et de la répression sur l'ensemble du territoire. Selon lui, la centralisation des efforts a montré ses limites face à une activité qui ravage les écosystèmes locaux. L'implication des autorités coutumières est présentée comme un levier stratégique, ces dernières étant les garants les plus proches des terres et des communautés directement impactées par l'exploitation minière clandestine.

Le rôle des chefs comme rempart communautaire

L'expertise de terrain montre que là où les chefs traditionnels s'opposent fermement au galamsey, la résistance communautaire est plus efficace. Le professeur cite notamment les mobilisations observées dans les régions d'Ashanti et de Bono, où des leaders traditionnels ont pris position pour protéger leurs ressources hydriques et foncières. À Berekum, en avril dernier, une manifestation organisée par des chefs et des résidents a illustré cette capacité des autorités locales à fédérer la population contre les pratiques minières destructrices.

Sensibilisation et gestion durable des terres

Au-delà de la répression, l'enjeu réside dans la transformation des comportements locaux. Le professeur Acheampong insiste sur la nécessité d'éduquer les communautés aux conséquences à long terme de l'orpaillage sur l'agriculture et la survie des générations futures. En démontrant que l'exploitation illégale n'est pas l'unique source de subsistance possible, les chefs peuvent jouer un rôle de médiateurs pour promouvoir une gestion responsable des terres. Cette approche participative vise à transformer les populations locales en véritables partenaires de la préservation environnementale, plutôt qu'en spectateurs impuissants de la dégradation de leur cadre de vie.

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