Face à la persistance des mythes et des stigmatisations, les acteurs de la santé publique au Ghana appellent à une intensification des campagnes de sensibilisation sur le cancer du sein. L'objectif est de transformer les mentalités pour favoriser le dépistage précoce, seul rempart efficace pour réduire la mortalité liée à cette pathologie.
Le rôle crucial de l'éducation et des médias
Beatrice Wiafe Addai, présidente de Breast Care International (BCI), souligne que l'éducation publique demeure l'outil le plus puissant pour encourager l'auto-examen régulier. Lors de l'événement annuel « Walk for the Cure » à Asante Mampong, elle a insisté sur la nécessité de déconstruire les croyances spirituelles erronées qui entourent encore la maladie. Les médias sont ainsi invités à jouer un rôle moteur pour normaliser le dialogue autour du cancer et offrir une visibilité aux survivantes, dont les témoignages constituent une source d'espoir et un levier de sensibilisation majeur.
Une responsabilité collective au-delà des femmes
La lutte contre le cancer du sein ne doit pas être une affaire exclusivement féminine. Le chef traditionnel Daasebre Osei Bonsu II, ainsi que des experts de santé, exhortent les hommes et les familles à s'impliquer activement dans le soutien aux patientes. La stigmatisation, identifiée par les survivantes comme un obstacle majeur au parcours de soin, doit être combattue par une solidarité familiale renforcée. L'implication des chefs traditionnels est également sollicitée pour étendre ces campagnes de prévention dans les zones rurales et les communautés les plus isolées.
Partenariats stratégiques pour la prise en charge
La mobilisation dépasse le cadre associatif pour intégrer le secteur privé. Des entreprises comme Kempinski Hotel et Delta Airlines soutiennent les initiatives de BCI, notamment à travers le financement de la formation en oncologie au Ghana. Ces partenariats visent à pérenniser les interventions sociales et à améliorer l'accès aux soins. Pour les autorités sanitaires et les organisations engagées, la priorité reste claire : faire du dépistage précoce une norme culturelle pour transformer le pronostic des patientes et sauver des vies sur le long terme.