La lutte contre la traite des êtres humains au Nigeria face au défi de la reconnaissance internationale

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 5 lectures
La lutte contre la traite des êtres humains au Nigeria face au défi de la reconnaissance internationale

La lutte contre la traite des êtres humains au Nigeria nécessite une mobilisation accrue et une meilleure valorisation des efforts nationaux. Lors de la présentation du rapport d'examen du document américain sur la traite des personnes pour 2025, les acteurs de la société civile nigériane ont souligné l'urgence de retenir les jeunes filles sur le territoire national tout en déplorant une sous-estimation des actions menées sur le terrain.

Une mobilisation pour endiguer l'exode des jeunes filles

Titi Atiku Abubakar, présidente du conseil d'administration du Network Against Child Trafficking, Abuse and Labour (NACTAL), a exprimé sa vive préoccupation face à la situation des jeunes Nigérianes à l'étranger. Selon elle, le soutien des partenaires internationaux vise prioritairement à encourager ces jeunes femmes à rester au pays pour y développer leurs projets. Cette stratégie de maintien repose sur une collaboration étroite entre les organisations de la société civile, qui agissent comme des acteurs de première ligne pour prévenir l'exploitation et la traite.

Le plaidoyer pour une meilleure reconnaissance des efforts nationaux

Le NACTAL a initié une revue critique du rapport 2025 du département d'État américain, estimant que les contributions du gouvernement nigérian et des partenaires au développement y sont insuffisamment documentées. Abdulganiu Abubakar, ancien président du réseau, a notamment souligné que le soutien apporté à la réhabilitation des centres d'accueil, dont une dizaine gérés par l'Agence nationale pour l'interdiction de la traite des personnes (NAPTIP), n'a pas été correctement reflété dans l'évaluation internationale. Le réseau insiste sur le fait que le travail de ses 289 organisations membres mérite une reconnaissance plus juste.

Les obstacles persistants à l'action publique

Malgré les efforts déployés, le bilan reste contrasté. Les responsables du NACTAL reconnaissent que le Nigeria fait face à des défis structurels majeurs, notamment une volonté politique jugée insuffisante et un manque de financement chronique. La faiblesse des poursuites judiciaires, en particulier dans les affaires impliquant des personnalités influentes, demeure un point critique. Pour pallier ces carences, le président actuel du NACTAL, Osita Osemene, a annoncé un plan d'expansion ambitieux visant à porter le nombre d'organisations membres à 1 000 d'ici un an, afin de renforcer les capacités de protection des victimes et de peser davantage sur les politiques publiques.

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